Thjorn l'authentique lui passait ses journées à ramer avec le reste de l'équipage afin de mener le drakkar à (bon ?) port. Quand il n'était pas sur son banc d'aviron il était auprès de sa prise, surtout à l'heure du repas. Les norses et la captive mangeaient la même pitance, de la viande séchée coriace comme l'écorce des épicéas de Naggaroth, de l'eau douce sauf une fois quand son ravisseur attrapa une mouette. Après avoir tordu le cou au volatile il s'approcha de sa douce et tendre avec l'animal encore chaud pour l'inciter à le déguster avec lui.
Alors que tout le corps de la Druchii protestait après ces deux semaines de navigation, un spectacle que bien peu d'elfes pouvaient se targuer d'avoir vu s'offrit à elle : Les falaises de la Norsca.

Les rocs, les caps, que dis-je les péninsules se succédaient au gré de la traversée, parfois une côté était saupoudrée de quelques arbres décharnés. Des petits villages se terraient au creux des calanques noirs comme des bernacles se protégeant de la houle impétueuse. Le vent vous mordait la peau littéralement. L'énergie du Chaos était quasiment aussi forte qu'à Naggaroth et les norses semblaient s'y accommoder. La flotte de loups des mers se pressa ensuite dans un immense fjord dans un panorama qui ravissait comme saisissait d'effroi les malheureux amenés ici contre leur gré.

Comment une terre aussi belle pouvait elle être modelée par le Chaos ? Le chien, le corbeau, le vautour et le serpent...En particulier le serpent. Au bout du fjord Umah put enfin voir là où vivaient les pillards qui avaient bouleversé sa chance d'une vie nouvelle :
Un port de huttes, de masures rustiques dont même le plus pauvre des Asurs n'aurait pas voulu pour loger son chien de chasse le plus incompétent. Un ramassis de cabanes dressées face au monde. Les drakkars se posèrent contre le sable noir du nord et Thjorn fit mettre pied à terre à sa Druchii avec la courtoisie qui lui était propre : À pieds joints dans les vaguelettes qui venaient mourir sur la grève.
Les primitifs poussèrent un grand hurlement ressemblant à un hourra, comme pour se féliciter d'avoir réussi leur course à travers l'océan.
Une vie nouvelle commençait...Certes pas comme on pouvait le prédire.







