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[Harrald] Du côté du Grand Père...
Posté : 20 févr. 2011, 18:05
par [MJ] Abhorash
Le marchand s'était acquitté de la transaction assez rapidement ; quand à l'elfe, elle était partie vers une destination inconnue. Harrald était désormais seul, et de nouveau sans but reconnu par la société humaine. Il était reparti sur la route, sans croiser pendant quelques jours qui que ce soit - pourquoi, il ne le savait pas.
Il arriva enfin à une ville. Son entrée était soigneusement gardée par une ribambelle de gardes manifestement occupés. L'un d'entre eux toussait comme un fou.
« Hé Guillaume... Tu n'aurais pas attrapé le Fléau à la force de sympathiser avec les pouilleux? » commenta un garde au nez long et pointu, dont le visage était constellé par les marques de la petite vérole. Le dénommé Guillaume ne répondit pas, trop occupé à tousser grassement. Enfin, il cracha un glaire qui atterrit comme par miracle sur la botte du railleur qui fit un bond en arrière.
De la ville émanait une infâme puanteur indescriptible, mêlée cependant aux relents caractéristiques de chair brulée. Le tocsin résonnait de l'intérieur de la ville, ainsi que le cri :
« Amenez vos morts! Sortez vos morts! » ainsi que des hymnes de prière.
Enfin, on se préoccupa de lui. Guillaume et son 'ami' s'approchèrent précautionneusement de lui – ils n'osaient qu'à grand peine s'adresser à lui, et l'ami de Guillaume tenait devant sa bouche un chiffon qui empestait l'urine.
« Qui êtes-vous et que faites-vous ici? Baissez votre capuche et dites d'où vous venez! »
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Re: [Harrald] Du côté du Grand Père...
Posté : 21 févr. 2011, 23:02
par Harrald
Le temps était en charpie lorsque le bretteur chaotique quitta la ville de Guisorieux. Une montée des eaux se produisit et il fut contraint de marcher avec de la boue jusqu’aux genoux durant quelques heures. En fin d’après midi, il arriva enfin dans les hautes collines déversant sont trop pleins de liquide dans la vallée voisine et provoquant ainsi bon nombre d’inondation. Malgré ses conditions exécrables, le bretteur était d’une humeur plutôt bonne. Il s’était enfin débarrassé de ses compagnons de voyages, qui étaient finalement plus une gène qu’autre chose. Néanmoins, lorsque le règne du soleil arriva à son terme, la froideur de la nuit lui rappela cruellement à quel il était seul …
Les jours passèrent, et se ressemblèrent tous. Une accalmie surprenante semblait s’être emparée de la Bretonnie. Harrald ne croisa pas un chien alors que les kilomètres défilaient sous ses souliers qui commençaient à prendre légèrement l’eau. Pour unique accompagnement, il disposait du chant des oiseaux à qui il aurait bien aimé tordre le cou tant il lui était insupportable d’écouter cette mélodie enjoué semblant en tout points sonner à l’inverse de ce que le chaotique souhaitait.
C’est donc dans une humeur parfaitement exécrable que le bretteur vit se dessiner au loin les premières fortifications d’une ville. Accélérant le pas pour y arriver avant la tombée de la nuit, le bretteur s’étonna lui-même d’un tel empressement, finalement la solitude semblait plus lui peser qu’il n’y aurait songé. Les oiseaux semblèrent avoir abandonné depuis un moment déjà leur torture du bretteur qui commençait à trouver cette journée pas si mauvaise que ça finalement.
Les remparts devenaient de plus en plus net, alors qu’une légère odeur étonnamment familière au chaotique commença à lui lécher les narines. Se concentrant sur celle-ci, un flash rapide mais très distinct de la femme qui lui avait donné vie s’imprégna de sa tête. Cette image était celle du jour ou cette horrible chose était apparut carbonisé sous le regard de son fils, qui ne put même pas la reconnaitre. Harrald secoua la tête comme pour effacer cette image qui se faisait de plus en plus forte en même temps que l’odeur se faisait plus pénétrante.
Un attroupement d’homme se dessina à son tour et le bretteur pu les voir discuter, mais rien de bien inaudible à cette distance. Une cloche résonna alors au loin, et cette fois les mots étaient très clairs dans l’esprit du bretteur qui pensait enfin avoir trouvé un lieu à sa convenance. C’est d’un pas sure qu’il s’approcha finalement de la bande qui s’avéra être les gardes de cette cité.
Des regards inquisiteurs se posèrent alors sur l’étrange bonhomme qu’il était et une voix quelque peu suspicieuse se fit.
« Qui êtes-vous et que faites-vous ici? Baissez votre capuche et dites d'où vous venez! »
Harrald arrêta alors sa marche rapide et commença à dévisager les gardes. Ils semblaient tous saupoudrés d’étrange pustule ne donnant pas envie au bretteur lui-même, la brulure lui recouvrant en grande partie le visage lui semblait tout de suite bien plus confortable. Un léger rictus parcourut les lèvres fines du chaotique avant que celui-ci ne se décide à parler.
« Bien de mégarde face à un seul homme, susurra t’il de sa voix roque qui résonna contre les parois entourant la ville, je suis un simple blessé de guerre venant chercher repos dans un endroit paisible conclut il en laissant tomber sa capuche en arrière pour présenter son visage détruit par des années de cauchemar. »
Il reprit une marche sereine en direction des hommes, ne montrant aucun signe d’hostilité. Cette ville semblait plongée dans un intense chaos, et quelque part, Harrald le ressentait. Et il ne savait pas pourquoi, mais une sorte d’excitation lui tordait les entrailles, il fallait absolument qu’il entre dans ces murs pour pouvoir voir par lui-même la désolation qui régnait ici bas.
Re: [Harrald] Du côté du Grand Père...
Posté : 24 févr. 2011, 15:26
par [MJ] Abhorash
En voyant le visage de leur interlocuteur, les deux gardes sursautèrent. L'un d'entre eux murmurra un rapide psaume à Sigmar. Guillaume, lui, garda plus ou moins contenance.
« Eh bien, en voila une blessure... Je ne doute pas que vous cherchez le repos, messire mais... »
« Mais ce ne sera pas ici. La ville est contaminée, et puis les habitants ne veulent pas d'ennuis, et à vous voir... Eh bien les blessés de guerre sont souvent teigneux. Passez votre chemin, cela vaudra mieux pour tout le monde. » l'interrompit son ami.
Guillaume lui lança un regard noir, et poursuivit comme si son collègue n'avait rien dit.
« Mais la ville est marquée par le Fléau. Nul ne peut en sortir, à part les morts. Il y en a tellement, et si peu de place... Nous les brulons pas loin. Les charretiers vont et viennent... Y a même eu un gars pas mort! Mais il était dans un état... Bref! Je pense que vous trouverez bien plus que quiétude dans Chatel Leclair, un bourg un peu plus au Nord. »