La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.
Tu te nommes Gillian Gedächtnis. Ta carrière militaire, tu l’as commença en tant qu’écuyer. Tu étais tellement doué qu’à l’âge de vingt-et-un ans, tu fus adoubé et devint chevalier. Tu as suivi un entrainement strict et complexe. Puis neuf ans plus tard, tu as était accepté chez les chevaliers du cercle intérieur. C’est là qu’on s’est rencontré et que j’ai passé les meilleurs moments de ma vie. Après je t’ai jamais revu à cause de tes rencontres douteuses, mais ça ne change rien pour moi. T’es un chic type.
Plein d’images se bousculaient dans la tête du pauvre Gillian, qui ne comprenait plus où il en était.
Bon reprenons, le sujet qui nous réuni aujourd’hui. La gloire et l’or ! Il va falloir que tu inventes une histoire pour prouver tes talents au colonel van Delft. Si tous ce passe bien, il te nommera officier, car il nous en manque un.
Passes devant, je te suis. Tu montes sur le bateau et c’est la première à droite !
Le chevalier semblait surpris. Haussant un sourcil, il apprit à "Franz" son nom, Gillian, effectivement un militaire, mais pas n'importe lequel. Il était ( avait été, plus exactement ) un chevalier du cercle intérieur! Et cet homme était bel et bien l'un de ses frères d'armes. La tête de Franz était pleine de questions, mais elles disparurent... Un souvenir, le premier depuis qu'il s'était "réveillé" s'imposait à lui.
Ses paupières devinrent lourdes, et il dut fermer les yeux. C'était un bruit de bataille, une fumée âcre et épaisse, l'odeur de la poudre noire. Il pivota son cheval pour mieux voir le champ de bataille. Des corps piétinés leur servait de sol, et les sabots de leur cheval n'amélioraient pas leur état. Il aperçut, à travers la fumée, des hommes armés chargés. Ils étaient dotés d'étranges mutations, certains avaient une peau écailleuse, d'autres des membres en trop..
Il flanqua un bon coup dans le flanc de son cheval, qui se mit à galoper ses adversaires. Il abaissa sa lance de cavalerie, prête à embrocher. L'attaque était méthodique. Tout était fait avec une précision clinique, il n'y avait pas la fureur des chevaliers d'Ulric. C'était militarisé, mais les hommes eux-mêmes étaient passionnés. Quelques secondes avant la charge, il tourna la tête pour regarder ses amis. A sa droite, l'homme blond qui portait l'étendard, à sa gauche un homme plus âge qui avait un cheval blanc. Gillian savait instinctivement que tous les autres chevaux étaient noirs, et que cet homme était le capitaine de la compagnie. Il sembla noter l'attention de l'aménisique sur lui car il sourit des coins des lèvres, et hocha légèrement la tête.
Puis il vit le chevalier blond, sans armure, vêtu comme un citoyen, une choppe de bière en main s'exclamer « Pour Gillian! » avant de lui donner ce petit coup dans l'épaule et de boire son verre cul-sec. L'amnésique n'était pas seul, il était entouré d'hommes qui l'acclamaient, lui criant de boire cul-sec lui aussi. Alors qu'il allait boire, il émergea de ses souvenirs. Quelques secondes à peine s'étaient écoulées depuis son flashback.
« ...l’or ! Il va falloir que tu inventes une histoire pour prouver tes talents au colonel van Delft. Si tous ce passe bien, il te nommera officier, car il nous en manque un.
Passes devant, je te suis. Tu montes sur le bateau et c’est la première à droite ! »
Gillian sourit. Oublié ses questions sur ses rencontres douteuses, il allait passer l'entretien. Et puis, Lundorf ( il se souvenait clairement de son nom désormais ) n'allait pas s'envoler. Même si il ne se souvenait pas de tout, ses souvenirs corroboraient ses dires, et il ne doutait pas que bientôt sa mémoire lui serait rendue. Cette simple pensée lui rendit le sourire, et il était sincère quand il dit, un main posée sur l'épaule du chevalier, l'autre serrant sa main :
« Merci l'ami. Je ne doutes pas que j'éprouverais beaucoup de plaisir à me battre avec toi.... A nouveau. »
Sur ce il lui tourna le dos, et monta, conformément à ses instructions, sur le bateau. La rampe d'accès était branlante, mais il arriva à bord sans tomber. Par chance, il n'avait pas l'impression de souffrir du mal de mer. Le bateau était trempé. Les matelots passaient la serpillère sous le regard d'un contremaitre. Arrivé devant la première porte à droite, Gillian ouvrit la porte... Le fameux colonel van Delft était là. C'était un homme avec un visage sévère, avec le bicorne, le chapeau des capitaines marins. Gillian inclina sa tête en signe de respect.
« Monsieur von Delft. J'ai entendu par mon ami Lundorf que vous vouliez un officier. Je suis votre homme. Par Myrmidia, il n'y a pas homme plus qualifié que moi pour ce poste ici! Je sais me battre, et je me suis battu dans de vraies batailles. Que demander de plus? »
Modifié en dernier par [MJ] Wargut le 05 sept. 2010, 10:44, modifié 1 fois.
Raison :6 xp (+5 xp du combat dans le cirque) / Total d'xp: 50
- De vraies batailles, vous dites ? Demanda le colonel van Delft en s’enfonçant dans la seule chaise de la cabine et en affinant l’extrémité de sa moustache grisâtre en une pointe dangereuse. L’ombre qu’il projetait sur le mur de Bois humide derrière lui, montait et descendait au rythme du roulis du bateau et du balancement de la lampe à huile.
- Hum ! Lança van Delft en tapotant l’accoudoir de son fauteuil pendant un moment avant de prendre sa décision. Très bien, monsieur… monsieur ?… je suis prêt à prendre un risque avec vous. Sigmar sait que les Bretonniens ont besoin d’un officier et vous aurez du mal à faire pire que le précèdent. Lundorf paraît tout disposé à vous expliquer les choses. Le colonel se tourna vers l’officier qui, malgré le tangage du bateau, se tenait parfaitement droit à côté de lui. D’ailleurs Lundorf, je vous tiens pour responsable de ce jeune homme. Cela vous pose un problème ?
- Non, colonel.
- Bien. Et au fait, vous êtes un sous-officier, donc votre part du butin est de dix parts, ni plus, ni moins. Compris ? Bien, messieurs, si vous voulez bien me pardonner, j’ai du travail.
- Colonel. Lundorf salua, le choc de ses talons en synchronie parfaite avec son poing levé.
Les secondes s'égrainaient doucement, tandis que le colonel réfléchissait. Gillian, jusqu'à là insouciant, sentait la pression monter. Une goutte de sueur perla de son front, puis une autre. Le colonel s'éclaircit la gorge. Il allait parler. Puis il ouvrit sa bouche. Fit mine de la refermer. Puis la réouvrit.
« Très bien, monsieur… monsieur ?… »« Gedächtnis. »fit-il, savourant son nom. Le colonel hocha distraitement la tête, avant de poursuivre. Apparemment, son prédécesseur ne s'était pas très bien débrouillé. Bah, il saurait faire mieux que lui. Il avait de l'expérience... Expérience qu'il avait totalement oublié. Enfin bon, il verrait bien. Et puis, Lundorf serait responsable de lui. Et puis, il n'était pas entièrement un officier, mais sous-officier. Ce qui était tout de même pas mal. Il se demandait quelles seraient ses premières fonctions.
Revenant à terre, il fit une sorte de salut similaire à celui de Lundorf, ajoutant « Je ne vous décevrais pas. » et sortit du bureau. Méditant sur les derniers évènements, où tout semblait bien s'être goupillé, il se demanda ce qui était advenu de Lorenzo. Il était sans doute resté à quai. Il ne viendrait pas, cette fois. Avec un petit soupir à l'idée de déjà perdre l'un de ses amis, il demanda à Lundorf ce qu'il devait faire au juste. Après, il ferait les choses qu'il devait faire en tant que sous-officier. Une question lui traversa l'esprit. Lundorf était-il officier? Surement. Que faisait-il ici? Il avait dit qu'il était un chevalier. Un chevalier de quel ordre?
« Que dois-je faire au juste? Et qui sont mes supérieurs? D'ailleurs, Lundorf... Tu m'as dit que j'étais un chevalier... Mais de quel ordre? »
En clarifiant ces questions, il clarifiait son poste. Que du bon donc. Il ne souhaitait pas reproduire les mêmes erreurs que son prédécesseur, qui avait lamentablement échoué. Ce serait gâcher la chance qui lui avait été donné par les dieux. En parlant de dieux... Il devait faire une offrande à Manaan. Il devrait le faire avant de partir, oui. Tant de choses à faire... Il en avait déjà mal à la tête.
Ce qui me fait penser que j'avais pris dans l'un de mes posts le couteau des méchants qui m'ont agressé dans la ruelle. Je l'ai obtenu ou non? Comme ça j'édite ma sign ^^
EDIT du gobelin: Tu peux ajouter le coutelas à ta signature.
Modifié en dernier par [MJ] Wargut le 05 sept. 2010, 19:50, modifié 1 fois.
Raison :4 xp / Pour un total de: 54 xp
Lundorf conduisit Gillian et Lorenzo hors du navire amiral du colonel. Il leur restait un court instant avant le départ.
Les vielles poutres du ponton gémissaient sous le poids de la foule qui l’arpentait. Les charretiers juraient en se frayant un chemin, d’immenses barriques d’eau douce en équilibre précaire sur leurs véhicules. Des marchands tiraient ou portaient des sacs de légumes, des filets de fruits ou des outres d’un vin indigne des pires tavernes.
Parmi tout ce commerce de dernière minute, des mercenaires d’une douzaine de races, tous ivres à des degrés divers, chancelaient vers leurs navires. Ils repoussaient les marchands avec arrogance. Les prostituées encore perchées dans les bras de certains d’entre eux gloussaient aussi fort que les goélands tournant dans le ciel…
- La petite armée que commande le colonel van Delft, qui est au passage ton supérieur, tient dans trois bateaux, rit Lundorf. Pas que ce soient de mauvais rafiots, d’ailleurs. Bien sûr, le colonel a mis le grappin sur le meilleur des trois, l’Hippogriffe. C’était un transport d’épices, apparemment. Du coup, il est relativement sec. J’ai eu du bol de tomber dessus. Et puis, il y a le Beaujelois que voilà, le bateau des Tiléens, continua Lundorf en montrant la cogue aux larges cales à côtés d’eux. Par Sigmar, il faut voir ce qu’ils mangent pour le croire. Je n’ai jamais senti un mélange pareil.
Eh toi, pousse toi de là !
Une vielle femme courbée sur son panier de citrons s’était jetée sur leur chemin en leur tendant sa marchandise.
- Et voilà votre bateau, leur dit Lundorf. Le Destrier. Ne t’inquiète pas, il est en meilleur état qu’il n’y paraît.
Gillian traversa un essaim de gamins des rues pour pouvoir étudier la boîte flottante où il passerait les trois mois à venir.
Le Destrier était un cogue, un navire épais et ventru conçu pour affronter les vagues imposantes des mers du nord. Il n’avait rien de commun avec les lignes élégantes des vaisseaux tiléens ancrés tout autour. Il fendait les flots avec autant de grâce et de confort qu’un cochon dans sa porcherie.
Il était aussi plus petit que la plupart des autres vaisseaux. Comparé aux hauteurs distantes de Bordeleaux ou même aux autres navires marchands, le Destrier paraissait minuscule. En fait, mis à part son mât central, la seule chose remarquable sur le bateau était l’effluve saumure et de corps sales qui émanait de ses soutes.
- Donc pour revenir à tes questions, tu as servi dans les Chevaliers du Griffon, moi aussi d‘ailleurs. Pour ce que tu dois faire et bien, c’est pas compliqué, tu formeras et entraineras une vingtaine de Bretonniens, qui se trouvent sur ce navire !
Une fois hors de la pièce, Lundorf le mena sur le pont. Lorenzo l'attendait là, et joignit le petit groupe. Gillian était ravi de voir qu'il ne perdrait pas de sitôt l'un de ses rares amis. Une fois sur la terre ferme, après un petit moment de chancellement pour le mercenaire, il put admirer le spectacle qui était là. Le spectacle étant des gens du métier ivres. Humains notamment, mais aussi quelques ogres et quelques elfes. Les humains étaient de toutes nationalités. Quelques uns, assez rares, étaient nipponais, d'autres estaliens et tiléens, et d'autres venaient d'Arabie. Parmi cette petite foule, la majorité étaient ivres, à part les arabes qui, respectant leur religion assez étrange, ne buvaient pas. La plupart avaient des filles de joie un peu plus sobre avec eux. Gillian ne ressentait qu'une pointe de mépris mêlée à de l'envie face à ce spectacle de débauche. C'était sans doute ce genre de choses qui avaient été ses mauvaises fréquentations.
Lundorf faisait pendant ce temps une petite explication. Il poussa une vieille femme. Gillian restait stoïque, mais au fond de lui il se demandait si tous les chevaliers étaient ainsi. S'il avait été ainsi. Les chevaliers n'étaient-ils pas le fleuron de l'Empire? De puissants guerriers, dernier rempart entre les citoyens impériaux et les atrocités du Nord? Apparemment pas.
Une groupe de gamins crasseux passa à côté de lui. Instinctivement, il protégea sa bourse, la fixant intensément. Puis il releva la tête. Son bateau était pour le moins gracieux. Il avait l'air d'une moitié de tonneau flanquée à l'eau, épais, imposant, mais laid. Enfin bon, quand il serait à l'intérieur, il ne s'en rendrait sans doute pas compte. Le "Destrier" ne méritait pas son nom. M*rdier ambulant serait plus approprié, se dit-il avec un soupir. Trois mois. Trois mois à passer dans cette bête. Comparé aux autres navires, qui étaient des cygnes majestueux c'était un porc, ou encore un sanglier. L'eau n'avait pas l'air d'être son élément de prédilection. Allait-il supporter le choc? se demanda-t-il mentalement. Il n'avait pas envie de mourir noyé.
Enfin, on répondit à sa question. Les chevaliers Griffon. Deux mots lui virent à l'esprit. Discipline, et manœuvres. Des centaines de manœuvres montées, des chevaliers aussi doués à l'épée qu'en stratégie. Contre attaques, retraits et charges étaient méticuleusement organisés. Gillian hocha la tête. Son flashback lui avait donné cette impression, qui était désormais confirmée. Quand à sa tache, elle semblait correspondre à cela. Former et entrainer des bretonniens au combat. Transmettre les manœuvres qu'il avait apprise, leur apprendre à tenir une arme par le bon côté. Il hocha la tête.
Avant le départ, qui semblait éminent, il lui fallait trouver un temple de Manaan, honorer le dieu de la Mer. Il parcourut du regard les rangées de bâtiments éparses qui flanquaient le port. Il devait assurément avoir un temple ici, même si on était en Bretonnie. Se détachant de ses amis sans un mot, Gillian se mit à longer d'un pas alerte les bâtiments... Puis, enfin, il vit un bâtiment fait de pierre blanche devenue noire au fil des ans. Il poussa la porte en bois et pénétra dans le temple. A sa gauche, un petit autel, à sa droite une statue d'un grand homme portant la barbe longue tenant un trident. Il émergeait d'une vague, majestueux... Enfin, il l'aurait été si son nez était toujours là, et si son trident avait été entier. Et sa couronne manquait. Elle avait sans doute été faite d'un matériau doré et le premier voleur venu l'avait chipé.
Gillian se rendit à l'autel, et sortit cinq pistoles de sa bourse. L'autel était simple, une vague assez basse, émergeant du socle. Le socle avait une fente à sa base, dans laquelle des marins glissaient des pièces. Le socle laissait une quinzaine de centimètres pour entreposer les offrandes diverses. Présents ou encore nourriture y étaient. Il y avait là une grappe de raisin à moitié mangée. Le mercenaire prit une pistole et l'introduit dans la fente. Elle fit un bruit métallique en rejoignant ses sœurs. Gillian glissa les pierres une par une, puis murmura « Une offrande pour le Seigneur des mers. Qu'Il protège mon navire de Sa colère. »
Il resta silencieux quelques secondes, puis releva la tête et sortit du temple. Il scruta le port. Son navire était toujours là. Remerciant Sigmar, il marcha d'un pas vif vers l'endroit où il avait laissé Lundorf et Lorenzo. Ils étaient toujours là, en train de papoter gaiment. En le voyant revenir, Lorenzo haussa un sourcil comme pour lui demander où il était allé. Gillian secoua juste la tête, pour lui dire que ça n'importait que peu.
Un cri vint du navire ; il était temps de monter à bord. Les ivrognes titubèrent vers la planche, et réussirent par pur miracle à monter à bord sans tomber. Gillian monta avec aise, et attendit ses deux camarades. Le soleil n'était pas au plus haut dans le ciel, et ils partaient déjà. Trois mois, se dit-il. Plus que trois mois avant la terre ferme. Soudain, une vague de nostalgie emplit son coeur et il se demanda si ça avait été une bonne idée. Les marins larguèrent l'amarre et le navire fit quelques mètres dans l'eau, et il se dit que, de toute façon, il était trop tard.
-5 pistoles donc
et vu que j'ai déjà 61 XP, j'aimerais passer rang 2 dès que possible. Les bonus sont très intéressants
Modifié en dernier par [MJ] Abhorash le 06 sept. 2010, 19:25, modifié 2 fois.
Raison :7 xp / Total d'xp: 61
Gillian se renfrogna en observant la file d’hommes et de marchandises qui disparaissait dans l’intérieur humide du Destrier. Ils lui paraissaient trop nombreux pour tenir là-dedans. Comme si les entrailles du navire cachaient une trapper vers un autre endroit…
- Des gars sympathiques, murmura Lorenzo d’un ton sarcastique, alors qu’une douzaine de mercenaires saouls titubait sur les planches d’embarquement. Ils avaient un accent prononcé et malgré la chaleur du soleil, leurs visages étaient cachés sous des capuches en fourrures informes. Ils tiraient un des leurs derrière eux sans cérémonie, ses talons laissant des traces dans la crasse du ponton.
- Leur capitaine, s’exclama Lundorf en haussant les épaules. Ces kislevites peuvent être de véritables démons s’ils sont bien dirigés. Mais tu n’as pas à t’inquiéter de cela. Tu n’es responsable que de tes compatriotes. Bon, je vais rejoindre mon navire et n’oublie pas de faire directement un discours devant tes hommes.
Je te laisse répondre, mais pendant ce temps je continue. Au passage, le capitaine kislevite n’est pas mort, il est juste sous le contre coup de l’alcool !
Les hauts-fonds de Bordeleaux étaient nombreux et dangereux. Certains portaient encore les carcasses des navires qui s’y étaient échoués, tels des trophées pourris avertissant les imprudents.
Malgré l’aide des pilotes de Bordeleaux, la capitaine-armateur Gorth ne voulait pas d’une meute de mercenaires saouls dans les pattes de ses hommes, pendant qu’ils manœuvraient le bateau. Alors, avec toute la miséricorde d’un tyran, il les avait fait enfermer dans leurs cabines le temps que la flottille navigue dans la fraicheur de la brume matinale.
Mais maintenant que la côte s’estompait à l’horizon, les écoutilles furent rouvertes. Les mercenaires sortirent à quatre pattes, clignant des yeux à la lumière du soleil et titubant sur le pont.
Gillian se tenait perché sur le pont arrière, la vingtaine de Bretonniens composant sa troupe rassemblée en dessous de lui. Les quelques kislevites ayant récupéré de leur nuit de beuverie étaient accoudés contre la rambarde, les yeux dans le vague, observant leurs camarades étrangers. Leur capitaine était absent.
Que ce fût accidentel ou volontaire, ces Bretonniens avaient tout de chiens de guerre. Ils portaient leurs cicatrices et leurs armes avec le même orgueil inconscient. Et bien que la plupart fussent aussi mal rasés et sales que des paysans, leurs bottes et leurs armures brillaient d’un entretien professionnel…
Une belle compagnie était à bord. Des nordiques. Plus imbibés d'alcool qu'un tonneau plein de bière. Leur capitaine montrait le bon exemple, en se faisant tirer par ses hommes. Il était juste ivre mort. C'était presque un miracle que ses gars soient assez lucides pour ne pas le laisser à quai. Gillian secouait la tête. L'alcool était le pire ennemi d'un bon soldat. Lundorf lui fit comprendre indirectement qu'il n'aurait pas à les gérer. Il lui prit l'avant bras, et ils se saluèrent comme des frères, puis il partit du navire.
Ses hommes. Et un discours. Il vit non loin une vingtaine d'hommes, qui, à leur parler, devaient être bretonniens. Hochant doucement la tête, il les interpella, et leur fit signe de se mettre en rang. Ils formèrent une belle ligne de vingt, et ils les inspecta, un par un. Puis il se mit devant eux, à une poignée de mètres. Lorenzo observait, amusé, sa manœuvre.
« Bonjour à tous. Je suis Gillian Gedächtnis, mercenaire de profession, ex-chevalier, et sous-officier dans cette expédition. Je serais votre chef instructeur et votre supérieur pendant les trois mois de traversée que nous allons passer ensemble. Je ne serais pas votre ami, ni votre camarade. Vous n'aurez pas mon respect, et je n'aurais pas le vôtre. Mais au fil des trois mois, vous allez apprendre à m'aimer... Et à me haïr. Votre entrainement, je m'en chargerais. Je vais vous apprendre les ficelles du combat. C'est grâce à moi que vous aurez une chance de revoir vos femmes, vos enfants et votre famille en revenant. Mais je peux rien garantir. Regardez à gauche. Et à droite. Ces hommes et femmes vont mourir sous vos yeux. Ils vont peut-être mourir à bord du bateau, ou sur le champ de bataille. Mon boulot, n'est pas d'empêcher vos morts... » Il pausa, pour laisser l'effet dramatique les marquer. « ...mon boulot, est de faire qu'elles ne soient pas en vain. Buvez, jouez, faites ce que vous voulez aujourd'hui. Mais demain, nous commençons. Vous n'aurez plus le droit à la boisson, ni aux jeux. Juste l'entrainement, du matin au soir. J'espère que j'ai été clair sur ce point. Celui qui désobéit... Verra bien. A demain. »
Sur ce, il tourna les talons et marcha jusqu'au niveau du tiléen, qui avait savouré la scène.
« Alors, Lorenzo? J'étais bien? »
Son ami acquiesça, avant de répondre avec un sourire espiègle« Si bien qu'ils vont mouiller leurs draps ce soir. »
Alors qu'ils étaient en train de ricaner, un homme était venu, l'air sombre. C'était sans doute une aide du capitaine. Il redoutait cet instant, car les kislévites ne seraient pas très ccopératifs, et les mercenaires l'impressionnaient un peu. Il leur parla en premier, leur disant que, sous ordre du capitaine Gorth, ils devaient aller dans leur cabine, et y sortir sous aucun prétexte. Haussant les épaules, Gillian se rendit à sa cabine que l'aide lui indiqua. C'était une belle pièce comparée au reste du bateau, pas trop humide, avec de l'espace pour se dégourdir les jambes. Au milieu trônait un lit pour deux ( étrange alors que les femmes n'étaient pas admises à bord ), et sur les côtés rien, de l'espace et une bibliothèque. En entrant dans sa cabine, son premier geste fut de voir les livres. Il ne savait pas bien lire, mais les livres l'avait toujours fasciné. Tant de savoir posé dans quelques pages... Secouant la tête, le sous-officier se mit sur le lit. Il n'était pas très moelleux, mais il avait l'immense avantage d'être grand ( ce qui compensait les poux et autres puces ). Il enleva toutes les couvertures et mit la sienne à la place, par souci de propreté, et toisa le plafond. Le temps passa. Gillian observa d'abord son amulette, à effigie de la fameuse comète, avant de sortir son propre livre. C'était un gros ouvrage rempli de recettes de cuisine, qui auraient pu lui être utile s'il pouvait les comprendre. Il l'ouvrit à la première page, et tenta de déchiffrer l'écriture. Il finit par s'endormir...
Ce fut l'aide qui le réveilla. Le mercenaire le congédia avant de sortir de sa cabine. Il était déboussolé par le soleil, tout comme ses hommes. Les kislévites se massaient les tempes. Ils avaient du récupérer de leur gueule de bois. Les bretonniens étaient tous là, ainsi que Lorenzo. Gillian se frotta les mains tout en cherchant un exercice à leur donner. Ne trouvant rien, il décida d'improviser.
« Combien d'entre vous ont des dagues? »fit-il, observant les mains se lever, d'autres ne pas bouger.« Hum-hum. Combien d'entre vous ont des épées? »Les mains furent plus nombreuses. Gillian dégaina alors sa propre arme, sa rapière.« Les épées. Elles sont fort utile lors des combats singuliers. Si l'un d'entre vous pouvait venir... Vous! »Il pointa un homme qui avait l'air plus expérimenté que les autres.« Venez ici, sortez votre arme... Fer contre fer s'il-vous-plaît... »Les deux lames se croisèrent pour faire un X.« En un-contre-un, ceci est bien. Deux armes ayant la même portée. Celui qui a une portée plus longue est légèrement avantagé... Il est à portée le premier. Si j'utilisais un couteau ici, je serais désavantagé, n'est-ce pas? Un couteau donne peu d'espace pour manœuvrer, et il est plus dur de faire des attaques tactiques, désarmements et autres. Donc, en un-contre-un, privilégiez l'épée. Cependant, en mêlée, au corps à corps avec plusieurs hommes, nul besoin d'une épée. J'aimerais deux autres hommes ici. » Deux bretonniens avancèrent. Ils étaient trois devant lui, et il avait rengainé son épée, pour sortir son coutelas. Celui-ci faisait quand même une vingtaine de centimètres.« Dans la mêlée, une fois au corps-à-corps, on en sort plus. Je parle bien sur vous avec une vingtaine d'hommes devant vous, et vos camarades à côtés. Vous entrez dedans, le combat ne s'arrête plus jusqu'à ce tous soient morts. Avec votre épée, vous devez maintenir un espace entre vous et votre cible. Avec un coutelas, ou un glaive... Vous dégainez, et vous allez au contact. Vous collez à votre adversaire, et vous le tuez avec un coup de bas en haut. Ça ouvre son estomac, il est mort. Bas en haut. Faisons une démonstration, voulez-vous. »
Il avança en contact d'un pas. Ses adversaires venaient à peine de dégainer leurs armes. Avec son couteau déjà en main, il était avantagé. Il pénétra la garde de deux des hommes. Leurs armes étaient devant eux désormais. Il fit remonter son couteau du nombril vers le haut du premier homme, sans toutefois le blesser. Celui-ci lâcha son arme. Aussitôt, Gillian l'agrippa par la nuque et l'interposa entre lui et ses camarades. Ils ne bougèrent pas, de peur de le blesser. Un homme était un peu à gauche, l'autre plus à droite. Il s'avança de celui à droite. Gillian tenait le bretonnien vers lui, de sorte que sa tête repose sur son épaule. Sa main gauche le contrôlait via la nuque, l'autre tenait le couteau.
Le "corps" était entre lui et le bretonnien de droite. Il fit pivoter le corps vers l'homme de gauche, sa main droite fit mine de faire la manoeuvre bas-en-haut. Le bretonnien s'éloigna de quelques pas, pour observer le reste du combat. Gillian poussa le "corps" vers le dernier bretonnien. Celui-ci dut baisser son arme pour le rattraper. Le mercenaire en profita pour avancer à son niveau, son couteau dans sa main gauche, au niveau du visage de l'homme. Il avait gagné.
« Voila la mêlée. Tout ce qu'il vous faut c'est la rapidité et le glaive. J'ai du compenser mon manque de portée par l'astuce du corps. A présent, vos camarades vont ramasser leurs armes et rejoindre vos rangs. Vous allez vous battre à deux-contre-un pour commencer. Faites... Sept groupes. L'un des groupes sera fait de deux individus. Je veux les voir se battre l'un avec une épée, l'autre avec un poignard. Bien sur, ne blessez pas les autres. Allez-y. »
Pendant que les groupes s'affairaient, Gillian entreprit de relaxer les muscles de sa nuque, avant de se tourner vers Lorenzo avec un petit sourire. Il reprit un air sévère et fit le tour de tous les groupes, les observant un par un, sans rien dire. Il mémorisait leurs visages et leurs erreurs, qu'il corrigerait par la suite. Finalement, la traversée n'allait pas être si longue que ça.
Et une leçon en prime, une!
Modifié en dernier par [MJ] Wargut le 08 sept. 2010, 18:01, modifié 2 fois.
Raison :8 xp / Total d'xp: 69
Gillian fit le tour de ses soldats, qui s’entrainaient. Le sous-officier rectifia l’un des mercenaires, un grand dégingandé dont tous les vêtements paraissaient trop grands. Celui-ci éclata de rire.
Et comme allez-vous m’apprendre à me défendre ? Demanda-t-il. Parce qu’avec votre air d’amnésique, vous ne devez pas trop vous rappeler de vos leçons ! Et au fait, après l’effort y’a le réconfort… J’espère que vous avez amené votre mère dans vos bagages !
La tension se changea en une vague de rires rauques. Tous les regards se tournèrent pour voir comment le nouveau capitaine allait réagir à l’insulte.[/font]
Les soldats se débrouillaient correctement. Ils faisaient des erreurs, mais aucune ne parut plus flagrante que celle de ce mercenaire, grand, avec des vêtements trop larges pour lui, il commettait l''imprudence d'abaisser sa garde à chaque mouvement. Une attitude aussi futile ne pouvait être tolérée. Pis encore, il se battait négligemment, car il savait que c'était un exercice.
« Concentre toi. N'abaisse pas ta garde. »fit le mercenaire avant de passer à un autre groupe. Mais l'homme ne voulait pas se laisser corriger ainsi, oh non. Il voulait la bagarre. Il détendait ainsi l'atmosphère, brisait la glace... et l'humiliait au passage. Il n'était pas en colère, il savait que c'était ainsi. On devait tester les capacités des dirigeants.
Mais comment savait-il qu'il était amnésique? Les ragots allaient vite... Bien trop vite. Gillian pouvait cependant tourner ces langues de vipères en des atouts précieux; ou au moins en un moyen de se faire respecter. Son amnésie leur posait problème? Tant pis. Cela n'empêchait en rien qu'ils allaient passer trois mois ensemble, ce qui voulait dire qu'ils allaient devoir cohabiter. Le sous-officier ne comptait pas se faire "maltraiter" par ses hommes, alors ce serait le contraire, ou une bonne entente.
« C'est parfait soldat. Vous illustrez mes propos. Je ne vous respecte pas, car vous maniez l'épée comme une femme, et vous ne me respectez pas car je ne me souviens plus de mon passé... » demanda-t-il d'un ton détaché. Le but était de retourner la foule à son avantage, tout en humiliant son adversaire. La réponse à ses problèmes était simple. Soit lui sauter dessus, et se faire une réputation d'homme violent, ou le défier.
« Vous voulez essayer de voir comment je me bats à l'épée? Nous verrons ainsi qui triomphe, l'amnésique, ou la femmelette. »
Le tout avec un sourire aux lèvres, faussement décontracté. Il n'était pas tendu, mais concentré sur le combat à venir. Il se concentrait déjà sur les prochains mouvements à faire, sur les muscles de son bras... On l'avait défié, parbleu, et ils verraient bien qui était le meilleur!
Modifié en dernier par [MJ] Wargut le 11 sept. 2010, 10:40, modifié 2 fois.
Raison :4 xp / Pour un total de: 73 xp