Comme tous les autres, un froid matin de Nachexen. Au dehors, la cité du Loup Blanc sortait peu à peu de sa torpeur sous le regard bienveillant des premières lueurs du jour. Marchands et commerçants dressaient leur échoppes, ouvraient leurs boutiques tandis que le flux des passants commençait à enfler, d'abord discret puis de plus en plus bruyant. A voir Middenheim ainsi, qui aurait cru qu'il y a à peine quelques mois, la vague déferlante du chaos s'était brisée contre ses murs ? Pourtant, certains signes ne trompaient pas et le plateau du Fauschlag n'était pas ressorti indemne de cet affrontement. Partout, sans-abris et désœuvrés s'abritaient tremblotants dans quelques tentes de fortune. Les rues de la ville, autrefois rayonnantes et majestueuses semblaient bien mornes malgré tous nouveaux arrivants. La police locale, surnommée Le Guet, avait bien tenté d'y faire quelque chose mais en vain. On ne pouvait décemment pas s'occuper de chacune de ces victimes, si bien que le Chancelier avec l'accord du deuxième Midden Marshall avaient décidé de laisser les choses se faire d'elle-même. Mais les nombreux réfugiés n'étaient pas les seules conséquences de la guerre. Si les imposantes portes avaient tenu les assauts répétés des canons apocalypses du Seigneur de la Fin des Temps, il n'en était pas de même pour les quatre grandes chaussées de sortie de la ville. Le Chemin Est menant à Marienburg était d'ailleurs actuellement fermé pour cause des dommages reçus, et si les trois autres itinéraires étaient encore ouverts, c'était sans nul doute grâce aux immenses racines de métal érigées par les sorciers du chaos lorsque la ville avait voulu empêcher la progression de l'armée adverse en utilisant le système d'effondrement des voies d'accès. De même, les quartiers intérieurs n'avaient pas été épargnés par le déluge magique et les tirs ennemis; L'Altmarkt dans l'Altquartier avait particulièrement souffert et d'innombrables cratères striaient encore le sol.Je suppose que tu connais assez bien Middenheim pour t'offrir une carte du lieu.

Déchu, sans renom ni monnaie, il était las de tout cela. Mais sa nature avait rapidement pris le dessus. Aucun besoin de s’apitoyer. De leur vivant, ses parents n'avaient été que de pathétiques instruments aux mains de puissances beaucoup plus importantes. Son nom ne valait rien dans les cours actuelles de Middenheim, il se chargerait donc de lui donner la valeur qui lui était du; Et ce n'est certainement pas dans un maison vide de serviteurs et sans alliés ni protecteur qu'il y arriverait. En ce jour, une nouvelle aube se levait dans l'esprit d'Heimlich. Un air de renouveau et d'ambition. Il lui fallait reprendre contact avec la haute société de la ville, malgré son isolement. Peut-être irait-il aux bains, l'occasion rêvé de rencontrer d'autres nobles dans sa situation, voir même, un grand nom si la chance lui souriait. Une autre possibilité était de passer au marché car il est de notoriété publique que l'on pouvait y apprendre toutes sortes de choses, des plus célèbres aux plus inavouées. Avec un peu de doigté, il était possible de trouver de fiables renseignements sur les rouages politiques du moment. Heimlich en profiterait sûrement pour acheter quelques bagatelles pour son déjeuner car la faim se faisait sentir au levé de son lit et on manigançait toujours mieux le ventre plein. A moins qu'il ne se décide tout simplement de frapper à la porte d'une de ses anciennes connaissances malgré l'accueil peu chaleureux qu'il risquait d'y recevoir ? Tous les choix étaient permis et il avait tout le temps devant lui. Il avait perdu le peu qu'il avait en l'espace de quelques semaines. S'il lui fallait le double pour reprendre ses biens, alors il n’hésiterait pas. Et quand bien même des années seraient nécessaires à sa montée en puissance, il continuerait à se battre.
Perdu dans ses rêves de grandeur, il fut interrompu par quelqu'un frappant à sa porte. Sa chambre étant au deuxième étage et donnant sur la rue, il put donc rapidement jeter un coup d’œil par la fenêtre. Devant son domicile, un petit homme vêtu de noir encadré par deux immenses hommes de main attendait. Qu'est-ce que cela pouvait-il bien signifier ? Il était sept heures trente du matin, un horaire peut convenable pour se présenter à sa porte ! Heimlich, encore en robe de nuit n'était d'ailleurs pas en mesure d'accueillir qui que ce soit ! Voilà quelques temps qu'il vivait seul et il s'était à présent habitué à l'absence de serviteurs pour les tâches quotidiennes mais cette absence lui revenait aujourd'hui cruellement en pleine figure...
Cependant, le nouveau venu n'avait pas l'air d'humeur commode; Il lui fallait prendre une décision rapidement.
Te voilà donc lâché dans la jungle urbaine de Middenheim. Dans mon immense magnanimité, te voilà aussi doté d'une maison modeste dont voici la description :
-Un rez-de-chaussé comportant un pièce principale avec une cheminée, un tapis de basse valeur brodé d'un canard sauvage et un fauteuil usé. Mais aussi une petite pièce à côté avec une table, une chaise en bois et un réchaud pouvant servir de cuisine.
-Un unique étage composé de ta chambre avec un lit simple (Sans blague), c'est à dire un bête sommier de bois avec matelas et drap dessus et une étagère vide et poussiéreuse. Juxtaposé à cela, une petite pièce à l'image de celle d'en bas comportant un grand bac (sorte de baignoire mais sans eau courante) et les lieux d'aisance qui se déversent directement dans les égouts par un système de canalisations.
-Bien-entendu, les objets usuels indispensables du genre serviette, bol, couverts, récipients, lampe etc. sont présents mais tu ne disposes à l'évidence pas d'eau courante et la maison paraît relativement délabrée (les joies des toiles d'araignées...) car tu n'as pas pris la peine de faire le ménage à ce que je sache :p.
Tu n'as pas pu récupérer tes affaires (du genre tenue de rechange) dans ta précédente demeure et quand à tes "connaissances", elles se limitent à quelques nobliaux sans pouvoirs ni réelle importance (mais peut-être savent-ils deux-trois trucs).
Oui, ta maison fait moisie et radin mais les autorités de la cité ont jugé que tu avais assez d'argent pour trouver mieux ou améliorer ce qu'ils te donnent. "Estime-toi déjà heureux que l'on t'offre un foyer. On a du virer des bouseux pour cela."


