Il prit donc directement le premier navire pour le Nordland, dans des conditions de navigation exécrables, dans la cale avec les autres passagers. Comment avait-il réussi à en sortir vivant, alors que le bateau avait plusieurs fois manqué de s'empaler sur les récifs qui bordaient la côte, il ne le savait pas lui-même. Il n'était pas suffisamment prétentieux pour penser qu'il s'agissait de la volonté d'Ulric : Comme le loup auquel il était associé, le dieu ne gardait que ceux suffisamment forts à ses côtés, bien qu'il place les valeurs de camaraderie et de solidarité par dessus tout. Pendant cette période il eut tout le temps de penser à la raison pour laquelle il se trouvait là - Quand son estomac lui laissait suffisamment de répit pour lui permettre de manger et de trouver un semblant de sommeil - et il en était arrivé à cette conclusion : Bien que l'homme ait manifestement eu tord de souiller de la sorte le nom du dieu loup, lui-même était tout autant, sinon plus coupable que lui pour avoir perdu son sang-froid. Cet homme avait beau être un étranger, un des gardes qui l'avait emmené à ce moment-là lui avait dit qu'il avait été soldat, qu'il avait même combattu lors de la précédente guerre du chaos. Cet homme avait peut-être une femme, des enfants, et à cause de lui, par sa faute, ceux-ci se retrouvaient orphelins.
Ce remord et ce soudain élan de culpabilité étaient sans doute plus dû à son mal de cœur qu'à une véritable repentance, mais toujours était-il que lorsque le navire accosta au port, Erik était d'une erreur massacrante, et cet état persista plusieurs jours après qu'il ait quitté la ville à cheval, en direction de Middenheim. Entre temps, le froid et quelques rudes tempêtes de neiges entreprirent de refroidir son humeur, ce qui fait que désormais au bout de son voyage il contemple d'un air serein son objectif, du haut d'une falaise balayée par des vents glacials que même son armure de maille ne pouvaient amortir :
Désormais au bout du voyage il fit un rapide examen de son équipement : Le froid et le blizzard avaient recouverts ses vêtements et son armure d'une épaisse couche de glace, celle-ci crissait à chacun de ses mouvements à tel point qu'il ressemblait à un de ces anciens dieux norscans. Il lui restait juste assez de nourriture pour le restant du voyages, aussi se hâta-t-il de remonter en selle et de reprendre sa route, tandis que de lourds nuages gris s'amoncelaient au dessus de sa tête... La tempête éclata juste au moment où son cheval posait le premier sabot sur l'épais pont-levis gardant la ville de Middenheim, comme pour le dissuader de rebrousser chemin.
Les gardes qui contrôlaient la circulation le considérèrent d'un air suspicieux qui se dissipa rapidement lorsqu'il leur demanda le chemin du temple d'Ulric, et ceux-ci ne se firent pas prier pour lui donner le chemin le plus court pour y parvenir. Une fois devant de haut temple aux murs imposants il fut dirigé vers une petite bâtisse à part où se trouvait sa cellule, une pièce aux murs nus dont la seule ouverture consistait en une fenêtre donnant sur le vide en contrebas.. Un lit recouvert de fourrures, une table et deux chaises de bois grossier, un écritoire sur lequel étaient posés une plume et un bougeoir, ainsi qu'un coffre à grosses ferrures complétaient le mobilier garnissant cette pièce.
Le prêtre d'Ulric lui signala que le souper débuterait bientôt, et qu'en attendant tous les aspirants devaient être enfermés dans leur chambre, puis toute la soirée jusqu'à demain matin. Sans même s'expliquer davantage il referma la porte, peu de temps après un déclic signala la fermeture de la pièce, le laissant seul avec ses pensées...




