La Sylvanie inspire la peur dans le reste du Stirland. Depuis la sombre ville de Tempelhof, qui n'a pas eu de prêtre de Morr attitré depuis 800 ans, jusqu'aux contreforts des Montagnes du Bord du Monde, entre le bief de l'Aver et le Stir, la plus grande région du Stirland est un lieu de terreur et d'obscurité. On dit que les fantômes y évoluent en toute impunité à la nuit tombée parmi les collines Hantées et que l'épais brouillard des bois sylvaniens emprisonne parfois les âmes, les obligeant à y errer à jamais. La portion orientale de la province est la plus désolée, là où d'anciens châteaux noirs sont juchés sur leurs pics escarpés comme des vautours scrutant les villes en contrebas.
L'obscurité est la chose qu'une mercenaire telle que moi peut haïr lorsqu'elle ne maîtrise pas la situation. C'est dans le noir que les notions rassurantes et fermes de technique, maîtrise, sérénité perdent toute leur valeur. Autant de principes chers qui m'avaient été tout aussi chèrement inculqués à Cathay ; la vérité suprême dans un combat, c'est qu'on agresse toujours beaucoup mieux que l'on ne se défend soi-même, et n'importe quel bagarreur peut venir à bout d'un soldat confirmé pour peu qu'il joue de chance ou d'un seul coup heureux. Alors, lorsqu'on devine dans les ténèbres une forme massive et véloce qui vient de se mouvoir, ayant réussi à traverser trois hommes soigneusement armés - je n'imaginais toujours pas que l'un d'eux ait pu être la chose en question - et à faire trembler les escaliers aussi puissamment que si un coup de tonnerre les avait dévalé... c'est bien la peur qui se met à refroidir le sang et à alourdir les membres.
Mais la peur en elle-même est inutile. Ce n'est que le sens du danger qui réside en elle que l'on doit accueillir en soi. Ceci dit, il est plus facile de parler d'elle que de l'affronter.
J'arrivais à affronter l'insidieuse faiblesse que le jaillissement de l'être avait soulevé en moi. A la vaincre, je n'en étais pas sûre. C'était un sentiment tel qu'on peut en connaître lorsqu'on fait face à un assassin ou à une poignée d'adversaires en armes : la sensation de n'être fait que de papier, d'avoir les nerfs à fleur de peau, de croire sentir le sang circuler dans un corps subitement si fragile, si facile à percer. On en vient presque à imaginer la morsure du couteau dans le ventre, on se surprend à l'attendre. Il y a des années, ma réaction face à ce que j'avais perçu n'aurait été qu'une fuite prompte au-dehors de la maison. En quelques occasions, c'était l'unique chose qui autorisait une immédiate survie.
Mais trop souvent j'avais vu le fuyard être froidement abattu alors qu'il détalait, tandis que s'il avait raisonné son recul, s'il l'avait préparé, il aurait survécu.
Je savais pertinemment comment les mercenaires que j'avais côtoyés se sortiraient de ce genre d'aveugle situation ; ils prendraient Mathilde en bouclier devant le singulier intrus, deviné plus que discerné ; arme au clair, ils reculeraient en direction de la porte, qu'ils ordonneraient à la servante d'ouvrir... Ils n'auraient alors plus qu'à la jeter au sol pour retarder une éventuelle poursuite, et à prendre la poudre d'escampette.
Désormais, je valais mieux que ça. Quand bien même j'avais encore à le prouver...
Le terme de "vampire" ne me vint pas à l'esprit. Tout ce que je savais, c'est que la créature qui avait débouché dans la pièce n'était pas humaine, ou alors, pas tout à fait ; même dans les ténèbres, il était clair qu'elle n'avait pas le gabarit humain. Sa course dans les escaliers avait été bien trop lourde, comme si elle se faufilait entre les murs de par sa largeur ; mais sa corpulence n'était pas un frein à sa vélocité, c'est donc qu'elle était due à sa musculature. Par ailleurs, sa brève cavalcade, maîtrisée, fluide, dénotait l'agilité pure dont elle était capable de faire preuve ; il s'agissait là d'une chose animale, comme l'attestait par ailleurs l'odeur de charnier qui avait investi les lieux. Qui savait quels genres de bête rôdaient en Sylvanie ?
En un éclair, j'étouffais impitoyablement la panique qui m'avait menacée, sans toutefois en éteindre tout à fait toute l'influence. Je me forçais à garder la tête froide, pour réfléchir dans l'instant, dans le fragment de seconde. Se précipiter vers la porte, c'était presque certainement se mettre dans le chemin de la créature, qui ne souhaitait sans doute que déguerpir. Au vu de sa vivacité, personne n'était capable de sortir avant elle. Se diriger vers la porte revenait donc à présenter le dos à notre massif monstre. Oui, monstre... car pour détenir une telle force, il fallait disposer d'une forme impressionnante, d'une constitution véritablement saine dans le sens où son entretien était de qualité. Et au fumet de charogne qui régnait désormais, pour avoir maintenu une pareille vitalité, la bête devait être un prédateur patenté. Pour qu'il soit de cette taille, nul doute que l'être humain faisait partie de son régime...
Je ne tenais pas à me retourner avec ça derrière moi.
Dans la pénombre, je pouvais savoir où étaient Ludwig et Mathilde comme si je les voyais en plein jour, et personne n'avait encore bougé face au surgissement de la chose. A peine une seule seconde s'était écoulée.
Armes au clair, je vins me coller à Mathilde, les deux mains prises, pour la pousser sans ménagement vers le mur de gauche. Le moins elle resterait au centre de la pièce, le plus elle aurait de chances de ne pas prendre un mauvais coup, si mauvais coup il devait y avoir.
- Ludwig, soufflai-je d'une voix rauque, sur le côté. Tout de suite.
J'espérais qu'il n'allait pas prendre ses jambes à son cou. D'ordinaire, j'avais un oeil plutôt averti pour cerner les gens, mais avec Ludwig j'étais incapable de savoir ce qu'il pouvait bien projeter. Paniquait-il ? Restait-il de marbre ? Refoulait-il rageusement son appréhension certaine ? Je penchais pour cette dernière option.
Il avait sa hache à la main, qui jeta un éclat glacé lorsqu'un énième éclair déchira le dehors.
- On ne reste pas sur le passage de cette chose, on la laisse filer... On ne s'énerve pas, si on doit se battre contre ça, il faut faire attention à ne pas s'emmêler les jambes les uns sur les autres...
Trop d'obstacles dans la pièce, que la créature pouvait sans douter envoyer voler dans sa charge mais qui nous meurtriraient immédiatement si jamais nous les heurtions. Je desserrais les doigts sur mes armes, réalisant que je les tenais de toutes mes forces. Pas besoin que mes paumes se mettent à suer sur le manche de ma dague ou de ma rapière. Je vins à souhaiter que Mathilde soit littéralement tétanisée de terreur, sans quoi elle risquait de hurler et de faire exploser la tension qui dominait entre ces quatre murs...
J'avais aiguisé mes sens, cherchant à repérer précisément la créature. Que pouvait-il bien se passer à l'étage...?
Je me colle à un mur en tentant de protéger notre Mathilde, attentive et réactive (enfin, j'essaie =D). "Oh, le monsieur avait un chien de garde...? Ca alors !"
Ah tiens ! Sans savoir si ça peut servir ici, je fais remarquer à ma MJ fouetteuse que j'ai la compétence "chance" en poche... Innocemment... ^^
Modifié en dernier par Déistra le 04 août 2011, 15:15, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 60
"Tendre vers un idéal. S'imposer un code d'honneur. Vivre selon ses principes... Il n'y a pas de plus grande priorité."
"J'ai peur de la part de vérité qu'il y a dans le fait que le bien soit affaire de raison, et le mal affaire de motivation."
J'ai vraiment galéré pour faire un post là-dessus (manque d’inspiration), donc je suis désolé d'avance pour ce post médiocre
Ludwig Schiller cessa de bouger lorsqu’il entendit cette monstruosité descendre dans leur direction. Hormis ces bruits de course, un calme effrayant régnait dans cette structure infernale, comme si elle retenait son souffle, frissonnante de peur. Habitué aux bruits de l’orage qui régnait quelques minutes plus tôt, Ludwig trouvait ce silence encore plus abominable.
Les possessions dont Mathilde (qui était la servante), Saâhldil et Ludwig avaient besoin pour la nuit à l’extérieur étaient prêtes. Il ne suffisait plus qu’à quitter cette maison de malheurs, mais s’ils agissaient ainsi, ils allaient sûrement être pris en chasse par cette grosse créature qui descendait les escaliers.
Telle une grande mercenaire, la belle femme qu’était Saâhldil prit les choses en mains. Elle indiqua de laisser passer la créature sans se mettre sur son chemin. Ludwig était d’accord avec elle, ça ne valait pas le coût de s’attaquer à une aussi grosse bête.
Ludwig Schiller :Écoutez les conseils de Saâhldil et tous se passera bien pour vous, Mathilde.
La main droite de Ludwig tenait fermement le manche de sa hache, tandis qu’il restait prêt de la servante pour la calmer si elle commençait à paniquer.
Modifié en dernier par Déistra le 04 août 2011, 15:15, modifié 1 fois.
Raison :4 xps / Total d'xp : 90
Profil de Ludwig Schiller, Voie du disciple de Slaanesh
Profil: For 7 | End 8 | Hab 8 | Cha 12 | Int 9 | Ini 8 | Att 10 | Par 8 | Tir 8 | NA 1 | PV 65/65
L’arsenal:
- Hache Chaotique (Dégâts 10 / Arme à 1 main.)
- Veste de cuir (Partie couverte: Torse, dos et bras / Points de protection: 5.)
- Amulette de Slaanesh
- Corde
- Outre
- Couverture
- Flûte
- Pépites d'or (lot de 5 d'une valeur de 30 pistoles)
- Chocolat Hanté (+1D12 PV mais risque d'indigestion)
- 2 Bombes “MoNamI BouLeY”
Compétences:
• Charisme - niveau 1
• Séduction - niveau 1
• Musique - niveau 1
• Arme de prédilection - niveau 1
• Eloquence - niveau 1
• Réflexes éclairs - niveau 1
• Corruption - niveau 1
• Baratin - niveau 1
[align=]La pauvre servante, le visage blanc comme un linge, eut une réaction somme toute normale pour une jeune femme soumise à un tel stress, ses yeux se révulsèrent, et elle s'effondra, inconsciente, à moins que l'un de ses deux compagnons ne décide de la rattraper avant qu'elle ne touche le sol. Ils étaient donc désormais à deux contre la créature qui venait de dévaler l'escalier, dont les proportions semblaient d'ailleurs fortement exagérées par les deux aventuriers : Elle était clairement de taille humaine, comme le prouvaient de temps à autre la part de peau tendue de violacée qu'elle offrait à leurs regards, même si pour l'instant sa face était invisible. Elle s'était réfugiée derrière le canapé, dans un recoin obscur de la salle, mais de ce fait pouvait directement bondir sur quiconque voudrait quitter la pièce...
Sur une petite table basse reposait une tasse remplie de thé désormais froid, vestige de l'endroit où il y avait encore un moment Saâhldil somnolait, totalement ignorante des évènements qui allaient se produire. C'est alors que la mercenaire put distinctement voir une main sale et décharnée, à la peau violacée tendue sur les os et parsemée de tâches brunes, saisir maladroitement la petite chose de porcelaine et la faire promptement disparaître avec elle derrière le canapé. A ce moment-là on entendit distinctement un marmonnement inintelligible, un répugnant bruit de reniflement, suivi du bruit que ferait quelqu'un essayant de croquer la tasse... Visiblement celle-ci n'était absolument pas au goût de l'étrange créature, car elle poussa une exclamation de dépit, avant de violemment balancer l'objet contre le mur, qui se brisa dans un bruit qui résonna comme un coup de tonnerre dans le silence de la salle...
Au dessus l'on n'entendait plus rien, rien que des bruits atténués, apparemment les trois hommes fouillaient les lieux avant de redescendre...[/align]
Déistra Noiredextre, Disciple du Chaos vouée à Slaneesh
Profil: For 7 | End 8 | Hab 10 | Cha 15 | Int 15 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Na 2 | PV 75
Déistra Noiredextre
Magus de Slaanesh, ex-Sybarite, branche de Nuln
Gratifications sexuelles, promotions canapés, pourvoyeuse de débauche, masseuse confirmée
Disponible 24/24h, 7/7j, Sur simple demande plus ou moins légale
Pour la contacter, faire le 66.66.66.66.66
"Ouvre ton esprit à ton coeur, ton coeur à ton esprit."
Etudies ce que tu ressens et ressens ce que tu as étudié, telles étaient les paroles de mon maître. Il fallait mettre à la lumière du principe moral tout ce que l'on parvenait à saisir de ce qui se passait sous nos yeux, mais également soigneusement décortiquer les ressentis auxquels l'on était soumis. En mettant en pratique ce concept de vérité, je me rendais bien compte que le mal exsudait par chaque mur de cette maison, que les hommes du Comte en étaient une incarnation et que la créature qui se tapissait derrière le canapé en paraissait la victime malheureuse, presque inconsciente. Pourquoi inconsciente ? Parce que l'enfant qui se brûle au feu ne savait pas que les flammes avaient un tel mordant. Inconscience, c'est une manière facile de ne pas choisir entre ignorance et innocence.
Mathilde venait de se faire dépasser par les évènements, remarquai-je ironiquement. A mes yeux elle représentait un fardeau... Le fardeau physique et le fardeau de la conscience. L'abandonner ici serait totalement irresponsable. La créature était prédatrice et la servante, une proie commode...
Prédatrice ?
J'avais bien noté son manège avec la tasse. C'était le geste d'un bébé qui goûte au monde pour le connaître. Je fronçais les sourcils dans l'obscurité, activant mon esprit. Bientôt, deux choix vinrent se présenter sous le regard sévère de mon jugement : soit cette bête avait été éveillée ou créée par Herr Schultz, et soigneusement cachée jusqu'à ce jour, à tel point qu'elle ne connaissait strictement rien de cette maison où on l'avait dissimulée... Soit mon ancien employeur était devenu cette chose, frappé d'une toute nouvelle conception de son environnement, balayé aussi bien physiquement que mentalement par sa nouvelle existence.
Mais pourquoi ? Dans les deux cas, à quoi bon un tel comportement ? Les sorciers semblaient accaparés par d'autres motivations que le commun des mortels, des motivations qui les conduisaient à ce genre d'ennuis, conclus-je amèrement. Pouvoir, connaissance... La sagesse ne résidait pas dans ces notions. Dans un monde où la vie pouvait être soufflée si facilement, ne valait-il pas mieux chercher à en profiter avec le plus de dignité et d'intensité possibles ? Plutôt que de se perdre dans des ombres fantasques...
Je tendais une oreille à présent affûtée pour chercher à savoir ce qu'il en était de la situation à l'étage. Le trio armé paraissait redescendre...
Je pris mon courage à deux mains ainsi qu'une longue inspiration, pour faire quelques pas lents vers la bête.
- Herr Schultz... Les meurtriers arrivent. Ils viennent par les escaliers, fis-je d'une voix atone. A chaque mort il y a une heure pour fuir. Vous n'aurez pas d'autres occasions.
Je jetai vers Ludwig un regard bref mais éloquent, désignant Mathilde d'un geste de la main. Il pouvait sans doute la mettre sur son épaule et se préparer à partir, tout en tenant sa hache, mais avec mes deux armes j'aurai bien été en peine d'en faire autant.
- S'il ne part pas dans l'instant, Ludwig, on détale... ça te va ?
La situation ici n'avait pas encore explosée et je tenais à ne pas être présente si ça devait arriver. Un départ précipité aurait pu déclencher ce que je redoutais, mais s'attarder également. Décidément, quel pays de malheur...
Je me surpris à m'interroger sur ce qui m'avait poussée à lancer cet avertissement à la créature. Dans le cas où il s'agirait effectivement de Schultz, était-ce par devoir ? Par loyauté ? Quelle fidélité pouvait-on bien ressentir vis-à-vis d'un pareil être, qui se serait déchu de toute humanité ? Loin de me grandir, mon acte m'avait rabaissée. Il faut un grand coeur pour pardonner à quelqu'un que l'on hait... mais c'est un coeur faible qui pousse à ressentir de la pitié envers l'horreur.
Si Ludwig est d'accord, j'attends un instant que la chose file, sinon je pars en prenant l'arrière du groupe
Modifié en dernier par Déistra le 04 août 2011, 15:16, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 66
"Tendre vers un idéal. S'imposer un code d'honneur. Vivre selon ses principes... Il n'y a pas de plus grande priorité."
"J'ai peur de la part de vérité qu'il y a dans le fait que le bien soit affaire de raison, et le mal affaire de motivation."
Tout dans cette maison révélait son grand âge. D’immenses poutres de chêne, de la taille d’arbres entiers, formaient une structure vivante qui soutenait des chevrons plusieurs fois centenaires et couverts de crasse. Autour des poutres, on avait bâti des murs assez épais pour soutenir un siège. C’est devant cette contemplation que Ludwig Schiller se rendit compte qu’il n’avait pas eu de chances depuis son arrivée dans la ville… Hormis cette magnifique chance d’avoir rencontré cette mercenaire, Saâhldil Sanchera.
C’était dans cette maison lugubre qu’allait se jouer le Destin du cultiste en proie à l’admiration devant le calme apparent de cette femme, qui tenait deux épées en mains. Il aurait donné tant pour avoir ne serait-ce que l’infime partie du courage de Saâhldil. Lui, qui s’était tourné vers les Dieux Sombres pour obtenir la vengeance dont il avait rêvé… voir la fille du Bourgmestre mourir devant lui, le suppliant pour qu’il l’épargne. Ce n’était qu’un lâche qui tirait sa confiance d’un Dieu qui n’en avait rien à faire de lui…
Les yeux de Ludwig devinrent vitreux tandis qu’il se souvenait pour la centième fois des événements de ces sept derniers jours.
Une semaine auparavant, c’était un homme différent, insouciant et rempli d’un optimisme juvénile, ainsi que de la certitude qu’il aimait quelqu’un avec passion et que cet amour lui était rendu en égale mesure. Désormais, il n’était plus que l’ombre de lui-même et il n’avait plus qu’un seul but. Ses actes n’étaient motivés que par son désir de vengeance. Même si, en ce moment, Saâhldil commençait à apporter la lumière sur les zones d’ombres qui régnaient dans la tête du jeune homme, perdu.
Cela ne faisait que sept jours que Ludwig Schiller, enfant abandonné et garçon d’écurie au service du bourgmestre de Nagenhof, avait décidé de déclarer son amour à la fille du bourgmestre, oubliant par la même occasion son rang. Il fut tout simplement battu à mort avant d’être banni de la ville, chassé dans les forêts sinistres de la Sylvanie.
L’esprit, l’âme et le corps à la dérive à cause de ce rejet catégorique, Ludwig avait bondit sur la première occasion qui lui permettrait de se venger. C’est ainsi que Schiller se tourna vers le Prince de l’Excès et du Plaisir. Ravagé par le chagrin, le jeune homme était prêt à accepter n’importe quelle offre, aussi chaotique soit-elle. Il s’était toujours considéré comme un homme rationnel, mais sa douleur avait besoin d’un exutoire… d’une vengeance. S’il y avait la moindre chance pour que ce que Slaanesh lui avait murmuré puisse fonctionner, il devait s’y tenir.
Mais aujourd’hui, il y avait Saâhldil. Et ce jolie bout de femme était en train d’instiller le doute dans la tête de Ludwig. Pour le moment, la seule chose qui comptait été de faire survivre Saâhldil, même si cela devait se faire au dépend de sa propre vie.
Le jeune homme fut sortit de sa mélancolie pour la douce voix de cette même femme:
- S'il ne part pas dans l'instant, Ludwig, on détale... ça te va ?
Le cultiste n’avait pas suivi grand-chose au déroulement de l’action et pourtant, il allait suivre les indications de la mercenaire, faisant une confiance aveugle en elle. Il ramassa Mathilde, qui venait de sombrer dans l’inconscience quelques secondes plus tôt, et la porta sur son épaule.
Ludwig Schiller : Je te suis…
C’est beau
Modifié en dernier par Déistra le 04 août 2011, 15:17, modifié 1 fois.
Raison :6 xps (Pour la forme, parce que c'est beau ^^)/ Total d'xp : 96
Profil de Ludwig Schiller, Voie du disciple de Slaanesh
Profil: For 7 | End 8 | Hab 8 | Cha 12 | Int 9 | Ini 8 | Att 10 | Par 8 | Tir 8 | NA 1 | PV 65/65
L’arsenal:
- Hache Chaotique (Dégâts 10 / Arme à 1 main.)
- Veste de cuir (Partie couverte: Torse, dos et bras / Points de protection: 5.)
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- Corde
- Outre
- Couverture
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• Charisme - niveau 1
• Séduction - niveau 1
• Musique - niveau 1
• Arme de prédilection - niveau 1
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• Réflexes éclairs - niveau 1
• Corruption - niveau 1
• Baratin - niveau 1
Damned, mais c'est qu'elle est en train de me le réformer celui là ! OO" PUNITION DIVINE !!!
La créature restait sourde aux exhortations de Saâhldil, en revanche celle-ci sortit soudain de derrière le fauteuil, dévoilant une créature de cauchemar :
La mercenaire ne savait pas de quoi il s'agissait, mais Ludwig lui, connaissait ce genre d'horreurs, plusieurs fois les habitants du village avaient dûs repousser ces êtres répugnants qui tentaient de piller leurs cimetières : Il s'agissait d'une goule, et affamée qui plus est, ce qui signifiait qu'elle ne reculerait pas devant un peu de viande humaine... Celle-ci était particulière cependant, du temps où elle était humaine elle avait dû être une très belle femme, de plus elle était vêtue des vestiges en lambeaux de ce qui avait dû être une robe de prix, ce qui signifiait qu'elle avait été de noble naissance... La créature plissa les yeux d'un air mauvais, tandis qu'elle ricanait de manière sinistre :
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Vous avez l'initiative, mais elle attaquera sûrement au prochain tour...
[/align]
Déistra Noiredextre, Disciple du Chaos vouée à Slaneesh
Profil: For 7 | End 8 | Hab 10 | Cha 15 | Int 15 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Na 2 | PV 75
Déistra Noiredextre
Magus de Slaanesh, ex-Sybarite, branche de Nuln
Gratifications sexuelles, promotions canapés, pourvoyeuse de débauche, masseuse confirmée
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C'est un rire sinistre ça ? J'en connais qui l'ont après quelques verres... ^^
La créature venait de se montrer, quittant son abri de fortune dans une intention évidente. Dans l'obscurité à laquelle j'étais à présent parfaitement habituée, je pris le parti de river mon regard au sien. Je réprimai le frissonnement de sa laideur intérieure... car ce que je pu lire au fond de ces orbes de ténèbres, c'était davantage que de la faim. Il s'agissait d'une convoitise, une convoitise absolue, mesquine et cannibale. Je réalisais avec dégoût que la chose avait été humaine jadis, et qu'aujourd'hui elle avait régressé à ce stade anthropophage. Au nom de quoi ? Je savais que le Chaos pouvait faire muter ses adeptes, les réduire à des pantins défigurés et pervertis, mais pour en arriver à ça !
Au cours de son existence, tout le monde pouvait gagner ou perdre en humanité. Mais là, il avait fallu y renoncer. Renoncer à ses droits sur la pitié et la compassion, renoncer à ses droits sur l'amour et le réconfort. L'être qui nous faisait face s'était destiné à l'oubli de l'instant présent. Elle n'avait plus rien sans doute comme conscience que celle de la seconde qu'elle vivait, dans une sorte d'éternel brouillard.
La pitié qui avait envahi mon coeur plus tôt se retira comme la marée chassée de la grève. Je m'étais fourvoyée une première fois sur l'identité de l'intrus et je comptais bien m'arrêter là sur les suppositions, de crainte de finir par voir les hypothèses les plus macabres vérifiées sous mes yeux horrifiés...
Je raffermis ma résolution en même temps que ma prise sur mes armes. Du coin de l'oeil, je notais que Ludwig semblait lui aussi s'être ragaillardi. Il avait pris Mathilde sur son épaule et était prêt à quitter cette funeste demeure. Bien malgré moi, mon regard s'attarda sur le Sylvanien. J'avais vu bien des enfants dans le corps de jeunes hommes... Pour lui, je croyais distinguer un jeune homme dans le corps d'un enfant. Ludwig m'était un mystère vivant, et malgré son caractère manifestement cavalier, je comptais bien...
Je comptais bien quoi ? J'étais bien en peine de mettre un mot sur mon propre désir. Le connaître ? Le découvrir serait-il un terme plus approprié, tant intense et complexe paraissait être sa personnalité ? Que souhaitais-je vraiment à son sujet...
Le rire macabre de la créature me rappela à elle. Je me morigénais intérieurement, maudissant avec quelle facilité mon attention se détournait. La chose ne paraissait pas armée malgré ses intentions affamées, mais je notais que ses griffes paraissaient redoutables, autant qu'une dague, et bien pires qu'une lame rouillée... Combien de mercenaires étaient morts des suites d'une morsure mal guéries, gagnés par l'infection et la pourriture ?
J'essayais de percer à jour le caractère de ce genre d'adversaire. Une fois blessé, abandonnerait-il une proie qu'il s'était choisie ? C'était difficile à dire. Il fallait la considérer comme un bandit, un charognard dont l'argent salvateur et nourricier n'était autre que notre propre corps. Est-ce qu'elle abandonnerait la lutte une fois blessée ?
Dans une forêt ou un terrain propice à la fuite, c'était envisageable. Dans une maison comme celle-ci, avec bien plus redoutable que nous derrière, à l'étage, c'était invraisemblable. En clair, elle ne renoncerait pas, et continuerait de nous harceler même si nous quittions les lieux. Il fallait abattre ce prédateur, le fuir n'était plus possible.
- Ludwig, je crois que se battre pied à pied avec ça serait une erreur, soufflai-je doucement. Elle ne nous lâchera jamais... il y a trop de faim dans ses yeux morts. Plus de conscience. Il est possible que son appétit l'emporte sur sa douleur.
J'étouffais sauvagement l'étincelle de pitié qui menaça de renaître au fond de mon coeur. J'avais bien appris auprès de mon maître. Il y a des adversaires auxquels offrir son estime, d'autres sa pitié, d'autres l'indifférence.
- Si tu veux bien aller mettre Mathilde à l'abri, on ne sait jamais.
L'héroïsme n'est pas une chose que j'apprécie, chez les autres comme chez moi-même. Mais il y a dans le combat une dimension honorable qui n'est pas à négliger. Si je devais prendre les armes et tuer pour continuer à vivre, il fallait que je prouve que je méritais de conserver le souffle de ma vie. Cette preuve passait par les valeurs de courage, de lucidité et de dignité.
Je fis sauter le poignard dans ma main gauche, échauffant mon poignet, avant de fixer intensément l'être dégénéré.
"Viens recouvrer ton humanité dans la mort" pensais-je, dans une prière muette adressée à mon ennemi.
Modifié en dernier par Déistra le 04 août 2011, 17:28, modifié 2 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 66*
"Tendre vers un idéal. S'imposer un code d'honneur. Vivre selon ses principes... Il n'y a pas de plus grande priorité."
"J'ai peur de la part de vérité qu'il y a dans le fait que le bien soit affaire de raison, et le mal affaire de motivation."
Tandis que Ludwig Schiller commençait à sortir de la maison, en tenant fermement Mathilde pour ne pas l’abandonner, la créature qui se cachait derrière la table basse décida de se montrer. Devant ce spectacle, le jeune homme sentit son esprit vaciller…
Une sorte d’aura glaciale émanait de la peau de ce monstre. Les quelques cheveux blonds, qui lui restait, retombaient sur sa figure. Sa peau était grisâtre et avait un teint de cendres, Ludwig pouvait voir le réseau de veines bleues en dessous.
Les lèvres bleues de cette goule se retroussèrent en une grimace écœurante. Ludwig eut soudain la chair de poule et se sentit momentanément envahi par la révulsion et l’horreur. Le jeune homme avait passé la majeure partie de sa vie à travailler dans des écuries au service d’un Bourgmestre, il n’avait donc pas l’habitude de voir ce genre de créatures.
La chose se mit alors à parler, mais ce n’était pas une voix normale, et les lèvres de la créature ne bougeaient pas au même rythme que ses paroles. Ludwig ne comprenait rien à ce galimatias et réalisa avec horreur qu’il ne s’agissait pas d’une seule voix: on aurait dit qu’une multitude de créatures tentaient de lui parler en même temps et que leurs voix se mêlaient, chacune s’efforçant de se distinguer du reste de la cacophonie.
Les multiples voix semblaient gagner en excitation et parlaient plus vite, leur galimatias se déversant de la bouche du monstre en un ignoble torrent de mots répugnants et intelligibles. Si l’heure avait vraiment sonné pour Ludwig de rejoindre le palais de Morr, le jeune homme comptait bien protéger Saâhldil en emportant cette créature avec lui.
La créature efflanquée leva la tête et dévoilant ses deux orbes de feu bleu qu'étaient ses yeux, tandis que du sang dégoulinait de sa bouche, inondant son menton. Elle abandonna sa tasse de thé, qui se brisa sur le sol en déversant son contenu, et commença à s’avancer dans leur direction d’un pas raide et maladroit dans l’intention manifeste de les tuer pour pouvoir se nourrir.
Le cultiste déposa délicatement Mathilde sur le sol, et posa son regard dans celui du monstre. Sa hache bien encrée dans sa main, Ludwig fonça sur la créature et sa plaça derrière la table basse, avant de s’en saisir à l’aide de sa main gauche et de la lancer de toutes ses forces en direction de la goule. Si tout se passait bien, la créature se retrouverait projetée au sol par la table, puis Ludwig lui planterait sa hache dans la tête…
Ludwig Schiller :Que Slaanesh m’aide à te terrasser, vile créature !
Comme ça, Saâ est au courant
Modifié en dernier par Déistra le 05 août 2011, 18:58, modifié 2 fois.
Raison :5 xps (Pour cause d'abus de Lovecraft)/ Total d'xp : 101*
Profil de Ludwig Schiller, Voie du disciple de Slaanesh
Profil: For 7 | End 8 | Hab 8 | Cha 12 | Int 9 | Ini 8 | Att 10 | Par 8 | Tir 8 | NA 1 | PV 65/65
L’arsenal:
- Hache Chaotique (Dégâts 10 / Arme à 1 main.)
- Veste de cuir (Partie couverte: Torse, dos et bras / Points de protection: 5.)
- Amulette de Slaanesh
- Corde
- Outre
- Couverture
- Flûte
- Pépites d'or (lot de 5 d'une valeur de 30 pistoles)
- Chocolat Hanté (+1D12 PV mais risque d'indigestion)
- 2 Bombes “MoNamI BouLeY”
Compétences:
• Charisme - niveau 1
• Séduction - niveau 1
• Musique - niveau 1
• Arme de prédilection - niveau 1
• Eloquence - niveau 1
• Réflexes éclairs - niveau 1
• Corruption - niveau 1
• Baratin - niveau 1
Les deux combattants se ruèrent vers l'être répugnant, déchaînant leurs coups sur elle ! Celle ci poussa un hululement de douleur, avant de riposter en donnant un coup de griffe à Ludwig. Celui-ci s'en tira avec une égratignure, mais presque instantanément sa plaie se mit à le brûler, cette chose l'avait empoisonné ! La petite coupure était désormais rouge et boursouflée, elle n'avait vraiment pas bonne mine, il faudra qu'il fasse soigner ça après le combat... Dans l'immédiat la Goule s'était réfugiée dans un coin de la pièce, feulant sourdement tout en léchant d'une longue langue violacée ses plaies, tout en ne les quittant pas des yeux une seconde...[/align]
Déistra Noiredextre, Disciple du Chaos vouée à Slaneesh
Profil: For 7 | End 8 | Hab 10 | Cha 15 | Int 15 | Ini 11 | Att 9 | Par 9 | Tir 9 | Na 2 | PV 75
Déistra Noiredextre
Magus de Slaanesh, ex-Sybarite, branche de Nuln
Gratifications sexuelles, promotions canapés, pourvoyeuse de débauche, masseuse confirmée
Disponible 24/24h, 7/7j, Sur simple demande plus ou moins légale
Pour la contacter, faire le 66.66.66.66.66
Je souris intérieurement en voyant Ludwig à mes côtés malgré... malgré quoi ? Mon ordre ou ma demande ? N'avais-je pas secrètement espéré qu'il revienne sur ses pas ? Face au monstre, la peur avait profondément planté ses crocs dans mon âme, mais j'avais tout de même ignoré sa morsure. Ce combat était un devoir, une offre que je faisais à la créature pour lui permettre de récupérer de ses erreurs... J'éprouvais néanmoins une certaine répugnance à laisser Ludwig m'apporter son aide, hache à la main. Et cette fois, je ne pouvais rien contre la peur qui me tenaillait ; celle de le voir faire preuve d'une inexpérience que je soupçonnais, de voir le sang d'un garçon inutilement versé. Je devinais de tristes fantômes dans son ombre, mais j'espérais bien qu'un jour un peu de lumière suffise à les dissiper.
La pointe de fierté que son geste avait suscitée en moi se mua en une lance glacée dans le ventre lorsqu'il s'écria férocement en se jetant sur l'être décharné...
Que Slaanesh m’aide à te terrasser, vile créature !
Je ne savais pas grand-chose de ce nom. Slaanesh. Mais j'en savais bien assez pour que cela me tétanise une fraction de seconde...
A Cathay, j'avais découvert que le culte de Tzeentch, le calculateur dieu du Chaos, était libre de toute persécution, contrairement à l'Empire. Mon maître m'avait brièvement instruite de ce sujet, me décrivant sommairement les quatre grandes puissances que vénéraient principalement les barbares du Nord, mais également certaines personnes dans les royaumes civilisés et taxées d'hérétiques. Selon mon sage mentor, Slaanesh incitait immanquablement, tôt ou tard, à l'hédonisme. Un hédonisme d'autant plus malsain qui virait au sadisme, de plus en plus indifférent, ce qui était un comble. On finissait par devenir cruel sans que cela n'apporte un quelconque plaisir. La souffrance en tant que norme.
Frappée par la foudre, contemplant Ludwig brandir sa hache tout en chargeant la chose macabre, je tentais de me défendre face à toutes les questions qui m'assaillirent, en une meute désordonnée et jappante. Si jeune ? Comment avoir été en contact avec une telle infamie ? Comment avoir pu accepter pareille religion ? Comment avoir pu embrasser cette foi ? Slaanesh promettait le plaisir, au-delà du rêve humain, mais Ludwig n'était-il pas trop jeune encore pour, blasé, être voué à une telle quête ? A moins que justement, sa fougue juvénile ne l'aie mû jusqu'à ce qu'il se jette dans les bras de cette croyance ? Mon maître avait été très clair ; la fidélité au Chaos menait invariablement l'individu à sa propre destruction, une destruction odieuse et inconsciente. Entraînant nombre d'innocents dans le ventre affamé d'adoration de ces dieux jaloux...
Lorsque je me précipitais à sa suite, je ne suis pas sûre d'avoir été certaine de ma cible. Chez moi, l'évocation du Chaos soulevait immédiatement méfiance et même hostilité. Mais une fois à portée de lame, je me ressaisis. La hache de Ludwig avait déjà mordu dans la chair souillée de la créature qui feula. Mes propres armes firent un aller-retour rapide dans la pénombre, dessinant une estafilade sur l'épaule et une fleur d'un sang noir au niveau de la poitrine. J'eus le temps d'apercevoir une main griffue lacérer... le chaotique ?
Ludwig était-il pareil à ces hommes et à ces femmes fous, vivant dans une toute autre optique que le commun des mortels, aveuglés par les mensonges ou les demie-vérités que leur susurraient leurs dieux immondes ?
Mes yeux s'égarèrent pour se river aux siens tandis que notre victime détalait dans un coin. A ce stade, j'avais déjà largement oublié que la tuer était une tâche altruiste que je m'étais donnée. J'aurais dû être contente qu'elle ne nous opposât pas davantage de résistance, et pourtant, j'avais les jambes faibles, les bras tremblants. Des mots d'injures me venaient à l'esprit mais ma bouche n'osait les prononcer. Je savais pourquoi. Je savais pourquoi ces jurons.
Parce que je m'étais sentie trahie.
Comment vais-je pu accorder ma confiance si vite à Ludwig, au point d'être si blessée par cette soudaine révélation de vénération ? Après tout, ça expliquait un certain nombre de choses, de manière plutôt pratique. L'attrait physique qu'il avait exercé sur moi, son charme virevoltant, sa vitalité malgré que les derniers jours avaient dû être terribles pour lui... Il brûlait, ainsi qu'une flamme alimentée par de l'huile et du charbon, alors que tous autour de lui ne faisaient que crépiter avec du bois. Oui, il brûlait plus fort, étincelait davantage que n'importe qui, mais... ça avait un prix. Il s'usait sans doute l'âme à la lumière de sa propre foi. Au fil des années son brasier deviendrait froid et détestable, à la façon d'un serpent. Il ne serait alors qu'un petit fragment de ce dieu, Slaanesh, sculpté à son image ; doté d'un charisme inhumain, désintéressé, qui ne lui apporterait rien d'autre que du vide. En se mettant à la recherche du plaisir, il se condamnait à n'en plus jamais éprouver.
A l'instar de la goule, cela devenait-il un devoir de le tuer ? Je tremblais à cette idée. Il était encore un enfant, après tout... n'est-ce pas ?
Je tentais de m'en convaincre. La rédemption était une chose que le Chaos paraissait ne pas connaître. Y avait-il un espoir pour ce jeune homme élancé aux cheveux de paille et aux yeux malicieux ? J'avais un jour entendu des poèmes d'un homme qui prétendait avant tout tirer de la beauté de la laideur. Cela correspondait-il à ces hédonistes de Slaanesh, à l'âme ignoble et qui pourtant revêtaient grâce, élégance et splendeur comme des capes sur-mesure ?
- Ludwig, ne touche plus cette créature, fis-je d'une voix rauque.
Cette fois, ce n'était clairement ni une demande, ni un ordre. C'était un avertissement.
Dans mon propre code moral, acquis douloureusement à Cathay, il devenait injuste que la créature ne meure par la main d'un homme qui avait invoqué Slaanesh pour sanctifier cette exécution. Cela revenait à sacrifier cet être sur l'autel du dieu avide, bien loin de toute considération de repos et de pardon que sa mort devait lui apporter. Oui, il aurait été injuste qu'alors que nous pouvions lui apporter clémence, un moyen d'interrompre ses erreurs, Ludwig la plonge dans la damnation.
- Attends-moi dehors, s'il te plaît.
J'eus une pensée pour Mathilde. Avait-il perdu, à mes yeux, le droit de bienveillance sur elle ? Mais avait-il seulement éprouvé un pareil sentiment à l'égard de la servante ? Rien n'était moins sûr désormais.
Je raffermis ma prise sur ma rapière et ma dague, portant résolument mon regard sur la chose blessée qui léchait ses plaies en nous fixant, prenant le parti d'ignorer Ludwig jusqu'à la fin de tout ceci. Il y avait de nombreuses choses à tirer au clair, chez lui mais aussi chez moi...
Coup précis pour viser le torse de la goule, au coeur (si réussi, est-ce que ça m'apporte de l'xp supplémentaire pour monter cette compétence ?). A rajouter "arme de prédilection" et "ambidextrie", ainsi que "chance" si je rate mon coup de 1.
Modifié en dernier par Déistra le 10 sept. 2011, 02:19, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 72
"Tendre vers un idéal. S'imposer un code d'honneur. Vivre selon ses principes... Il n'y a pas de plus grande priorité."
"J'ai peur de la part de vérité qu'il y a dans le fait que le bien soit affaire de raison, et le mal affaire de motivation."