[Adémar Von Phumtar] Un pari risqué
Posté : 12 sept. 2020, 12:52
Un pari risqué...
Chapitre 1: Fin de l’insouciance

Il faisait froid, c’était une évidence. Les chevaux hennissaient de peine, le givre attaquant leur dos bardé de fourrure. Leurs pauvres oreilles n’étaient point épargnées, elles ne cessaient de trembler.
Les hommes aussi avait du mal, Adémar pouvait témoigner en sentant les épais flocons se tasser délicatement sur ses épaules. On aurait parié qu’ils étaient aussi gros qu’un pouce, toutefois, chose étonnante en cette période de l’année, ils n’étaient pas nombreux.
Il pouvait sentir le poids de quelque chose sur ces épaules encore un peu maigre, avide d’énergie à revendre, avide d’aventure, il était jeune et voulait en découdre. Le poids d’une ancienne vie laissée derrière, les sabots des chevaux achevant d’établir de la distance entre lui et sa maison.
On lui avait fourni les détails : l’Ostland devait être reprit. Un projet complètement fou avait-il entendu, l’Ostland était « la » région perdue de la tempête du chaos. Une forêt immense s’étale sur tout le territoire, dévorant ceux qui tentaient de la dompter. Une histoire à vous glacer le sang, surtout lorsqu’un chevalier vétéran vous explique les horreurs qu’il y a croisé en détail.
Adémar put néanmoins entendre des choses sur lui qui ne le mirent point en confiance : « un coup de chance » « pourquoi on nous file un gamin ? il le déteste à ce point ? » « si ça se trouve, on va tous y rester après avoir mis un pied dedans, mais l’gamin ? il aura certainement déjà fuit ! » « ils n’avaient pas le choix, c’était obéir au gamin ou faire face au seigneur » « un pari fou et risqué »…
Et c’était des chevaliers bien entendus plus expérimentés qui le dirent, mettant en doute le choix de leur leader qui avait recruté Adémar : Abercrombie Valfort. On racontait qu’il avait du sang Bretonnien, que ça descendait d’une lignée chevalier du Graal ou quelque chose dans le genre. Quoiqu’il en soit, c’était aussi un Ostlandais, aussi têtu qu’un longue barbe. Les autres chevaliers remettaient, très discrètement, ses choix en cause.
La plupart du cortège était composés de chevaliers aux différentes armoiries : Reikland, Middenland et même Wissenland. Toutefois, leurs couleurs étaient un bleu azur, un tabard qu’ils portaient tous, sans blason. Chacun était autorisé à conserver ses armoiries. Chose intéressante, car d’habitude les ordres de chevalerie impériale sont toujours très organisés.
Durant le voyage, on résuma la situation : des villages en besoin de protection, dernier « rempart » ou plutôt restes de la présence de l’Empire. On expliquait qu’il y avait aussi un vieux conteur, qui saurait des choses. Des rumeurs sur quelque chose qui pouvaient peut-être servir à « reprendre l’Ostland ». Du moins c’était ce que ces paroles presque fallacieuses aux oreilles, faisant penser à un vieux clan de nain bourrus voulant reprendre leurs Karaks, qui sonnaient aux oreilles des gens censés et normaux.
Sauf que bien entendu, nous n’étions malheureusement pas pour cette histoire avec des gens censés…
Le narrateur rappellera ce détail, car Adémar avait répondu à l’appel du devoir sans réellement demander dans quoi il s’engageait.
Hegendorf était la première bourgade à la bordure du Middenland, juste avant d’entrer en territoire de l’Ostland. Il y avait une présence anormale de gardes-frontières, ces rangers equipés de puissantes armes à distance, joyaux de la technologie impériale, summum de l’art de l’ingénierie de Nuln. On racontait que leur lance-grenades faisait office de canon de siège portatif. Que ces mêmes lance-grenades pouvaient dégommer un minotaure chargeant la tête la première. Ils étaient nombreux, on pouvait en dénombrer au moins une cinquantaine rien qu’aux abords de la ville. Il y avait aussi les fameux chasseurs de l’Empire, ces braves rodeurs qui tiennent à portée de carreaux les choses s’sévissant dans les forêts. Ces derniers prirent le surnom de « chevalier forestier » : armure de cuir, parfois d’écorces, certains portaient des casques avec des bois de cerfs dessus, des fourrures noires comme la pénombre et une mine aussi patibulaire que taciturne.
Une fois sur place, on les accueillait, Adémar pouvait sentir deux choses : les hommes étaient à bout par ici, l’endroit transpirait la lassitude et la fatigue que le devoir forçait d’étouffer car il fallait bien que quelques surhommes restassent à l’affût.
Les remparts étaient de grands pieux de bois montés à la hâte, toutefois on pouvait percevoir des travaux plus ambitieux près de ces murs de fortunes. En effet, on prévoyait de faire des murs en pierres ! Il n’y avait pas beaucoup d’ouvriers mais la ville était déjà entouré de petites murailles, pas plus haute qu’un mètre quarante. Il devait certainement être prévu de les faire plus grands on entendait des contremaître expliquer que c’était mieux d’avoir d’abord de quoi se mettre à couvert si jamais les remparts de bois venaient à tomber en premier.
On descendit des montures et fut redirigé vers une des rares auberges encore en état dans la ville. Tandis que les patrouilleurs surveillaient les abords de la bourgade, on racontait qu’il y avait aussi des rôdeurs nains dans les parages qui avaient acceptés de prêter main forte aux forces ici présente. Ils restaient dans les bois et aux abords de la ville, certainement à faire office d’avant-garde.
Des habitants, il n’y en avait que très peu, des commerçants, colporteurs, réfugiés, officiers de logistique.
Quelques soldats impériaux étaient également présents, aux couleurs du buffle de L’Ostland. Leur mine collective étaient épuisée, on pouvait compatir, ils voulaient juste que cette histoire se termine…
Abercrombie discuta avec un officier, échangea politesse et procédés, puis reçu un parchemin de la part de se dernier. Il se dirigea vers la troupe de chevaliers avec le voile de l’obscurité nocturne l’accompagnant comme une cape :
« Messieurs, nous allons d’abord nous reposer ici, demain nous partons sur les abords accompagnés des patrouilleurs, restez à l’affût durant la nuit car il est possible que des choses surviennent. Ne vous leurrez plus : il s’agit certainement de la dernière nuit de repos que vous aurez avant un bon moment. Disposez ! »
Les chevaliers se rendirent à l’auberge du buffle vaillant, établissement quelconque avec pour seule particularité d’avoir l’immense tête mi calcinée d’un minotaure empaillé ornant l’entrée.
La troupe se mit à l’aise, profitant de la boisson et de la chaleureuse température de confort et de sérénité qu’offrait une bonne vieille taverne.
La troupe se rassembla en un groupe, des patrouilleurs et, grande surprise, quelque chevaliers forestiers se joignirent au lot. Dans les conversations, on entendait aussi parler d’un certain officier impérial qui tentait de faire campagne dans l’épaisse forêt, un certain Hadler paraît-il. On colportait des rumeurs sur un étrange guerrier sombre, fou semant la pagaille plus au nord ainsi que d’un carnage à Rossin. Mais bon, c’était certainement des rumeurs bonnes à prendre avec des pincettes et à être immédiatement oubliée le lendemain, leurs traces mémorielles effacées par la gueule de bois et la fatigue.
On discutait de choses rassurantes, puis on demanda aux autres déjà présent comment allaient les choses.
Adémar allait longtemps se rappeler des descriptions effroyablement précises des choses que ces hommes ont vu. La chirurgicale précision accordée aux récits témoignait de la présence de ces derniers : des racines sortant du sol pour mettre en charpie Günther sans un bruit, des arbres ayant été brûlés il y a un jour qui furent remplacés par un plus grand, des sentiers devenant des labyrinthes…
Puis les chevaliers se présentèrent chacun, jusqu’au tour d’Adémar…
Chapitre 1: Fin de l’insouciance

Il faisait froid, c’était une évidence. Les chevaux hennissaient de peine, le givre attaquant leur dos bardé de fourrure. Leurs pauvres oreilles n’étaient point épargnées, elles ne cessaient de trembler.
Les hommes aussi avait du mal, Adémar pouvait témoigner en sentant les épais flocons se tasser délicatement sur ses épaules. On aurait parié qu’ils étaient aussi gros qu’un pouce, toutefois, chose étonnante en cette période de l’année, ils n’étaient pas nombreux.
Il pouvait sentir le poids de quelque chose sur ces épaules encore un peu maigre, avide d’énergie à revendre, avide d’aventure, il était jeune et voulait en découdre. Le poids d’une ancienne vie laissée derrière, les sabots des chevaux achevant d’établir de la distance entre lui et sa maison.
On lui avait fourni les détails : l’Ostland devait être reprit. Un projet complètement fou avait-il entendu, l’Ostland était « la » région perdue de la tempête du chaos. Une forêt immense s’étale sur tout le territoire, dévorant ceux qui tentaient de la dompter. Une histoire à vous glacer le sang, surtout lorsqu’un chevalier vétéran vous explique les horreurs qu’il y a croisé en détail.
Adémar put néanmoins entendre des choses sur lui qui ne le mirent point en confiance : « un coup de chance » « pourquoi on nous file un gamin ? il le déteste à ce point ? » « si ça se trouve, on va tous y rester après avoir mis un pied dedans, mais l’gamin ? il aura certainement déjà fuit ! » « ils n’avaient pas le choix, c’était obéir au gamin ou faire face au seigneur » « un pari fou et risqué »…
Et c’était des chevaliers bien entendus plus expérimentés qui le dirent, mettant en doute le choix de leur leader qui avait recruté Adémar : Abercrombie Valfort. On racontait qu’il avait du sang Bretonnien, que ça descendait d’une lignée chevalier du Graal ou quelque chose dans le genre. Quoiqu’il en soit, c’était aussi un Ostlandais, aussi têtu qu’un longue barbe. Les autres chevaliers remettaient, très discrètement, ses choix en cause.
La plupart du cortège était composés de chevaliers aux différentes armoiries : Reikland, Middenland et même Wissenland. Toutefois, leurs couleurs étaient un bleu azur, un tabard qu’ils portaient tous, sans blason. Chacun était autorisé à conserver ses armoiries. Chose intéressante, car d’habitude les ordres de chevalerie impériale sont toujours très organisés.
Durant le voyage, on résuma la situation : des villages en besoin de protection, dernier « rempart » ou plutôt restes de la présence de l’Empire. On expliquait qu’il y avait aussi un vieux conteur, qui saurait des choses. Des rumeurs sur quelque chose qui pouvaient peut-être servir à « reprendre l’Ostland ». Du moins c’était ce que ces paroles presque fallacieuses aux oreilles, faisant penser à un vieux clan de nain bourrus voulant reprendre leurs Karaks, qui sonnaient aux oreilles des gens censés et normaux.
Sauf que bien entendu, nous n’étions malheureusement pas pour cette histoire avec des gens censés…
Le narrateur rappellera ce détail, car Adémar avait répondu à l’appel du devoir sans réellement demander dans quoi il s’engageait.
Hegendorf était la première bourgade à la bordure du Middenland, juste avant d’entrer en territoire de l’Ostland. Il y avait une présence anormale de gardes-frontières, ces rangers equipés de puissantes armes à distance, joyaux de la technologie impériale, summum de l’art de l’ingénierie de Nuln. On racontait que leur lance-grenades faisait office de canon de siège portatif. Que ces mêmes lance-grenades pouvaient dégommer un minotaure chargeant la tête la première. Ils étaient nombreux, on pouvait en dénombrer au moins une cinquantaine rien qu’aux abords de la ville. Il y avait aussi les fameux chasseurs de l’Empire, ces braves rodeurs qui tiennent à portée de carreaux les choses s’sévissant dans les forêts. Ces derniers prirent le surnom de « chevalier forestier » : armure de cuir, parfois d’écorces, certains portaient des casques avec des bois de cerfs dessus, des fourrures noires comme la pénombre et une mine aussi patibulaire que taciturne.
Une fois sur place, on les accueillait, Adémar pouvait sentir deux choses : les hommes étaient à bout par ici, l’endroit transpirait la lassitude et la fatigue que le devoir forçait d’étouffer car il fallait bien que quelques surhommes restassent à l’affût.
Les remparts étaient de grands pieux de bois montés à la hâte, toutefois on pouvait percevoir des travaux plus ambitieux près de ces murs de fortunes. En effet, on prévoyait de faire des murs en pierres ! Il n’y avait pas beaucoup d’ouvriers mais la ville était déjà entouré de petites murailles, pas plus haute qu’un mètre quarante. Il devait certainement être prévu de les faire plus grands on entendait des contremaître expliquer que c’était mieux d’avoir d’abord de quoi se mettre à couvert si jamais les remparts de bois venaient à tomber en premier.
On descendit des montures et fut redirigé vers une des rares auberges encore en état dans la ville. Tandis que les patrouilleurs surveillaient les abords de la bourgade, on racontait qu’il y avait aussi des rôdeurs nains dans les parages qui avaient acceptés de prêter main forte aux forces ici présente. Ils restaient dans les bois et aux abords de la ville, certainement à faire office d’avant-garde.
Des habitants, il n’y en avait que très peu, des commerçants, colporteurs, réfugiés, officiers de logistique.
Quelques soldats impériaux étaient également présents, aux couleurs du buffle de L’Ostland. Leur mine collective étaient épuisée, on pouvait compatir, ils voulaient juste que cette histoire se termine…
Abercrombie discuta avec un officier, échangea politesse et procédés, puis reçu un parchemin de la part de se dernier. Il se dirigea vers la troupe de chevaliers avec le voile de l’obscurité nocturne l’accompagnant comme une cape :
« Messieurs, nous allons d’abord nous reposer ici, demain nous partons sur les abords accompagnés des patrouilleurs, restez à l’affût durant la nuit car il est possible que des choses surviennent. Ne vous leurrez plus : il s’agit certainement de la dernière nuit de repos que vous aurez avant un bon moment. Disposez ! »
![]() | « Messieurs, nous allons d’abord nous reposer ici, demain nous partons sur les abords accompagnés des patrouilleurs, restez à l’affût durant la nuit car il est possible que des choses surviennent. Ne vous leurrez plus : il s’agit certainement de la dernière nuit de repos que vous aurez avant un bon moment. Disposez ! » |
La troupe se mit à l’aise, profitant de la boisson et de la chaleureuse température de confort et de sérénité qu’offrait une bonne vieille taverne.
La troupe se rassembla en un groupe, des patrouilleurs et, grande surprise, quelque chevaliers forestiers se joignirent au lot. Dans les conversations, on entendait aussi parler d’un certain officier impérial qui tentait de faire campagne dans l’épaisse forêt, un certain Hadler paraît-il. On colportait des rumeurs sur un étrange guerrier sombre, fou semant la pagaille plus au nord ainsi que d’un carnage à Rossin. Mais bon, c’était certainement des rumeurs bonnes à prendre avec des pincettes et à être immédiatement oubliée le lendemain, leurs traces mémorielles effacées par la gueule de bois et la fatigue.
Adémar allait longtemps se rappeler des descriptions effroyablement précises des choses que ces hommes ont vu. La chirurgicale précision accordée aux récits témoignait de la présence de ces derniers : des racines sortant du sol pour mettre en charpie Günther sans un bruit, des arbres ayant été brûlés il y a un jour qui furent remplacés par un plus grand, des sentiers devenant des labyrinthes…
Puis les chevaliers se présentèrent chacun, jusqu’au tour d’Adémar…


