[Martin] Et maintenant ?
Posté : 21 sept. 2017, 22:01
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Droit comme un piquet, seul en lisière de la forêt domaniale d'Hagendorf qu'il savait, maintenant, faire partie du Bois aux Daims dont il était devenu le gardien, Martin observait, mélancolique, le bourg qu'il connaissait si bien au-dessus duquel, fichée sur sa colline, la demeure du Duc Borric jetait son ombre au petit matin… Il n'aurait su dire ce qui lui manquait le plus mais une chose était sûre : il avait du mal à se faire à sa nouvelle vie, coupé de tout ce qu'il avait connu.
Un flot de questions montèrent en lui. Avait-il le droit de révéler son rôle à qui que ce soit ? Devait-il le garder secret ? Pouvait-il côtoyer ceux qui l'avaient connu avant les derniers événements et la déchéance secrète du duc Borric ? Ce dernier avait-il vraiment tout oublié ? Quelqu'un s'inquiétait-il de sa disparition ? Que se passerait-il s'il revenait à Hagendorf ? La voix le rappellerait-elle ? D'ailleurs où était-elle passée ? Cela faisait des jours qu'il était devenu l'héritier de la lignée d'Alryën, l'élémentaliste, vertueux parmi les hommes et égal des elfes de Laurelorn et depuis lors la voix ne s'était plus faite entendre. Pire que de ne plus l'entendre, Martin ressentait un vide vertigineux face à la peur qu'elle l'ait abandonné.
Soudain, un appel résonna, le tirant de ses turpitudes. A quelques dizaines de mètres sur sa gauche en bordure du sentier qui serpentait depuis le manoir jusqu'au village, une voix humaine l'interpella une seconde fois avant que le chasseur ne réalise qu'elle prononçait son nom. Il plissa les yeux et tenta de discerner qui se cachait sous cette silhouette sombre à contre-jour dans la lumière crue du lever de soleil automnal.
Lorsqu'il reconnut le jeune Jurgen, le cœur de Martin bondit dans sa poitrine et ses tempes se mirent à battre à tout rompre. Que faire ? Rester, lui répondre et devoir se justifier ? Ou fuir et garder le secret ?
Au moins, le chasseur avait obtenu une réponse à une de ses questions : il n'avait pas été oublié de tous !
Pour autant, pouvait-il se permettre de reprendre contact avec les siens ? Rien n'était moins sûr...
Droit comme un piquet, seul en lisière de la forêt domaniale d'Hagendorf qu'il savait, maintenant, faire partie du Bois aux Daims dont il était devenu le gardien, Martin observait, mélancolique, le bourg qu'il connaissait si bien au-dessus duquel, fichée sur sa colline, la demeure du Duc Borric jetait son ombre au petit matin… Il n'aurait su dire ce qui lui manquait le plus mais une chose était sûre : il avait du mal à se faire à sa nouvelle vie, coupé de tout ce qu'il avait connu.
Un flot de questions montèrent en lui. Avait-il le droit de révéler son rôle à qui que ce soit ? Devait-il le garder secret ? Pouvait-il côtoyer ceux qui l'avaient connu avant les derniers événements et la déchéance secrète du duc Borric ? Ce dernier avait-il vraiment tout oublié ? Quelqu'un s'inquiétait-il de sa disparition ? Que se passerait-il s'il revenait à Hagendorf ? La voix le rappellerait-elle ? D'ailleurs où était-elle passée ? Cela faisait des jours qu'il était devenu l'héritier de la lignée d'Alryën, l'élémentaliste, vertueux parmi les hommes et égal des elfes de Laurelorn et depuis lors la voix ne s'était plus faite entendre. Pire que de ne plus l'entendre, Martin ressentait un vide vertigineux face à la peur qu'elle l'ait abandonné.
Soudain, un appel résonna, le tirant de ses turpitudes. A quelques dizaines de mètres sur sa gauche en bordure du sentier qui serpentait depuis le manoir jusqu'au village, une voix humaine l'interpella une seconde fois avant que le chasseur ne réalise qu'elle prononçait son nom. Il plissa les yeux et tenta de discerner qui se cachait sous cette silhouette sombre à contre-jour dans la lumière crue du lever de soleil automnal.
Lorsqu'il reconnut le jeune Jurgen, le cœur de Martin bondit dans sa poitrine et ses tempes se mirent à battre à tout rompre. Que faire ? Rester, lui répondre et devoir se justifier ? Ou fuir et garder le secret ?
Au moins, le chasseur avait obtenu une réponse à une de ses questions : il n'avait pas été oublié de tous !
Pour autant, pouvait-il se permettre de reprendre contact avec les siens ? Rien n'était moins sûr...
